Edito
L’été arrive et avec lui, le stress du bac !20/06/2026
Juin est le mois qui clôt l’année scolaire et le baccalauréat lui-même clôt le cursus scolaire du secondaire. Il commence avec la 6e, première classe du collège et se conclut avec la terminale dernière des trois classes du lycée qui aboutit aux épreuves de l’examen national le plus célèbre. Le Bac, comme on le nomme habituellement, raconte à lui seul l’évolution de la jeunesse française. Si l’on s’intéresse à son évolution de 1990 à 2025, on remarquera qu’en trente-cinq ans, ce diplôme alors relativement sélectif, est devenu un véritable rite de passage pour près de huit jeunes sur dix.
Le baccalauréat en 1990
En 1990 le baccalauréat concernait environ 482 000 candidats pour un taux de réussite d'environ 73 % ce qui représentait l’obtention de ce diplôme par environ 43 % d'une génération. Autrement dit 57 % des élèves issus de cette génération quittaient l’école sans ce précieux sésame. Le bac demeure alors, un diplôme qui marque la différence puisque plus d'un jeune sur deux n'est pas bachelier.
En premier lieu, arrive le Bac général qui attire environ 60 % des candidats. La section littéraire (A), la section économique et sociale (B) et les sections scientifiques (C,D,E) composent le Bac général, celui qui est le plus valorisé tant par les parents que par le système scolaire. Il faut absolument l’emprunter en privilégiant si possible les sections scientifiques considérées comme la voie royale permettant d’accéder aux meilleures formations post bac.
Les autres baccalauréats, par ordre de réputation, sont le Bac technologique avec environ 25 % des candidats puis un nouvel examen, créé en 1985, le Bac professionnel avec entre 10 à 15 % des candidats.
Trente-cinq ans plus tard, le bac a bien changé. Il est devenu un diplôme de masse
En 2025 le bac rassemble 744 000 candidats et 682 000 sont admis. Le taux de réussite a bondi et atteint désormais 91,6 %.des candidats. Leur répartition a profondément changé également. La voie générale cumule 381 000 élèves (51%) ; la voie professionnelle arrive en deuxième position en termes de nombre de candidats avec 210 000 (29%), il atteint près d’un tiers des candidats. Les sections technologiques représentent 148 000 dossiers (20%)
Nous sommes donc passés d'une génération de 43 % de bacheliers, en 1990, à 79,1 % aujourd'hui. Cette progression traduit une volonté politique ancienne : conduire davantage de jeunes jusqu'au niveau du baccalauréat. La recommandation que tout parent formulait à son enfant adolescent attiré par d’autres aspirations : Passe ton bac d’abord ! vient se caler à la volonté politique bien ambitieuse lancée à la fin des années 1980 : amener 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac. Trente-cinq ans plus tard, cet objectif est pratiquement atteint.
Et après le bac, que font les lycéens ?
Que font les jeunes ? Où vont-ils ? Contrairement à l'image d'un bac, terminus d’un long parcours scolaire et vécu comme simple fin d'études, le bac est avant tout un passeport obligatoire grâce auquel on peut avoir accès aux nouvelles perspectives qu’offre l'enseignement supérieur en fonction des profils des bacheliers. Les bacheliers généraux privilégient majoritairement des études à l’université, en IUT (Institut Universitaire de Technologie), en classes préparatoires menant aux Grands écoles. Les bacheliers technologiques, quant à eux, s’orientent vers les BTS (Brevets de techniciens supérieurs), les IUT et certaines licences professionnelles. Quant aux bacheliers professionnels, ils poursuivent leurs études principalement en BTS, mais se tournent aussi vers l’alternance et beaucoup entrent directement sur le marché du travail.
Globalement, aujourd'hui, près de huit bacheliers sur dix s'inscrivent dans l'enseignement supérieur. Le bac marque donc moins l'entrée dans la vie active qu'autrefois ; il est devenu la première étape d'un parcours plus long dont l’entrée doit être validée par Parcoursup, la plateforme nationale créée en 2018. Elle est incontournable pour toute préinscription en première année de l’enseignement supérieur car c’est elle qui organise l'accès à l'enseignement supérieur. Parcoursup est accessible exclusivement sur Internet. Les lycéens y formulent leurs vœux de poursuite d'études et reçoivent progressivement les réponses des établissements.
Parcoursup est au XXIᵉ siècle ce que le baccalauréat était autrefois où l'enjeu principal était d'obtenir le bac ; aujourd'hui, il est aussi de trouver sa place dans l'enseignement supérieur.




