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Budget 2026 : Impossible n’est pas français… compromis non plus
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Rarement la France aura été autant secouée par la combinaison de difficultés économiques et d’instabilité politique. Depuis la dissolution surprise de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 et les élections législatives du 7 juillet suivant, la vie politique française s’est transformée en une succession de soubresauts. Contrairement à la culture du compromis qui prévaut chez nos voisins européens, nos députés semblent hermétiques à toute idée de coopération. Chacun campe sur ses positions partisanes, incapable de bâtir des accords pour affronter les défis majeurs qui s’imposent au pays.

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Une France à l’arrêt, un budget introuvable

Traditionnellement, depuis 1958, la vie politique française s’organisait autour de deux grands pôles – droite et gauche – alternant au pouvoir. Mais le 8 juillet 2024, l’Assemblée nationale s’est réveillée éclatée en trois blocs : L’ensemble des forces de gauche ; les partis du centre et de la droite traditionnelle ; le Rassemblement national (RN), héritier du Front national, occupant l’extrême droite de l’échiquier, et jouant les trouble-fête.

Trois blocs incompatibles, de poids presque équivalent : une configuration qui rend impossible l’émergence d’une majorité stable. Seule solution : négocier, trouver des terrains d’entente, même ténus, pour bâtir une majorité de circonstance et enfin adopter le budget 2026. Ce budget est crucial pour donner un cap au pays jusqu’à la grande échéance qui focalise toutes les attentions : l’élection présidentielle du printemps 2027.

Pourtant, quatre gouvernements plus tard, le compromis reste un mirage.  En ce mois de novembre 2025, les débats parlementaires se réduisent toujours à des guerres de tranchées. Le pays s’enfonce dans un immobilisme nourrissant un rejet croissant de la classe politique qui offre quotidiennement un spectacle désolant, déconnecté des réalités et des vraies aspirations de nos concitoyens.

Des priorités ignorées, des batailles d’un autre temps

Avant l’été 2025, les Français plaçaient en tête de leurs préoccupations : La crise des urgences hospitalières, la situation des finances publiques, la crise agricole. Et cet automne, c’est la lutte contre le narcotrafic qui s’est imposée comme prioritaire. Pourtant, c’est la suspension de la réforme des retraites qui a monopolisé l’attention du Parti socialiste, en faisant de ce dossier sa monnaie d’échange pour ne pas faire tomber le second gouvernement Lecornu.

On peut légitimement s’interroger : cette obstination à revenir à un âge de départ fixé à 60 ans relève-t-elle d’une volonté de revanche après la bataille perdue en 2023 ? Ou d’une stratégie électoraliste déconnectée des réalités ? Car, alors que l’espérance de vie augmente, la France semble vouloir travailler toujours moins, quand ailleurs en Europe l’âge de départ a été porté à 67, voire 70 ans, sans bouleversements majeurs.

Ce réflexe, hérité des Trente Glorieuses, paraît anachronique. Il est soutenu par nombre de parlementaires au moment même où les Français prennent conscience de la menace que font peser des finances publiques incontrôlées sur notre si précieux État-providence, l’un des plus performants au monde et dont nous pouvons être fiers.

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