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Un été 2025 qui s’en va comme il est arrivé…en musique
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Après avoir accueilli la saison estivale en musique (voir le n° 154), nous l’accompagnons vers la sortie de la même manière en nous référant cette fois aux rapports du Centre National de la Musique (CNM)1 publiés le 24 juillet 2025 et au bilan de l’année 2024 du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep)2 sorti le 11 mars 2025. Qu'elle soit écoutée en direct (le live) ou bien qu’il s’agisse de musique reproduite (en disques ou sur une plateforme), Ils s’accordent à démontrer la grande vitalité de ce secteur culturel malgré quelques inquiétudes qui pointent.

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La musique en direct, de l’euphorie à l’inquiétude

On retient du bilan du CNM de l’année 2024 qui vient d’être rendu public que l’Hexagone a compté 69 663 spectacles payants. Les 37,9 millions de spectateurs représentent une augmentation de 2%. Les recettes, elles, ont atteint un nouveau record : 1,6 milliards d’euros HT (+ 13% par rapport à 2023), augmentation due à l’inflation qui touche l’ensemble du secteur des concerts et spectacles en direct et qui se répercute sur le prix des entrées (+10% avec un billet à 45€ en moyenne).
Tournées en salles et festivals d’été forment principalement l’offre proposée aux spectateurs désireux d’approcher en présentiel leurs artistes préférés. Période estivale oblige, c’est à l’offre festivalière que nous nous intéresserons tout d'abord.

1356 festivals payants ont été programmés en 2024, en baisse de 5% par rapport à l’année précédente : elle s’est traduite par une légère diminution à la fois des recettes en billetterie qui ont atteint 313 millions d’euros HT et du nombre de festivaliers (-8,6 millions de spectateurs).
Cette inflation inquiète la France des festivals. Malgré l’engouement que suscitent en général ces manifestations estivales, le CNM dévoile que deux festivals sur trois ont clôturé leur édition 2024 avec un déficit dont le [montant moyen a augmenté fortement (+73 %) et s’établit à – 115 675 €, (pour un budget moyen des festivals s’élevant à 1,6 M€) et que 68 % des festivals dont le taux de remplissage est supérieur à 90 % sont déficitaires en 2024]

Les quelques données partielles, obtenues en ce début d’août 2025 sur certains rendez-vous incontournables qui se sont tenus en juillet, confirment l’inquiétude qui s’empare des organisateurs. Les éditions 2025 de festivals importants ont connu des annulations, comme cela a été le cas des Vercors Music Festival,  Revival Music Festival, Le Palmarosa, ou avec des déficits importants, comme pour We Love Green, Musilac, Vrai Repaire Festival, Les Déferlantes, Garorock… Quant au célébrissime Vieilles Charrues, son modèle reste fragile du fait d’un déficit important en 2024. Ces exemples illustrent une tendance structurelle : même des festivals de grande ampleur peuvent finir dans le rouge malgré une fréquentation élevée.

Ces festivals, manifestations culturelles qui ont forgé le panorama culturel estival de la France, traversent des difficultés dues à une conjoncture particulière. Ces dernières années, les dépenses pour l’organisation de tels événements à très forte affluence et rassembleurs n’ont cessé de croître. L’explosion des coûts de production due à des cachets de plus en plus élevés pour attirer des artistes qui comptent sur leurs concerts pour compenser des ventes de disques moins rémunératrices, mais aussi à cause de la logistique et de la technique à mobiliser, de la sécurité à respecter dont les normes se sont accrues depuis les attentats de 2015. La hausse des charges fixes n'est pas en reste avec les assurances et les taxes locales. Parallèlement, pour certains festivals, on a pu assister à une réduction importante des subventions généreuses provenant de l’Etat, de la région, du département ou de la ville, la part de subvention passant de 40% à 20% en dix ans. Pour équilibrer ces dépenses, les organisateurs n'ont eu d'autre choix que d'augmenter leurs tarifs. Le cercle vicieux se met alors en place et le risque de limiter leur succès populaire est plus que jamais là lorsque des entrées à 50-60€ la soirée deviennent un frein psychologique.
Nous entrons dans l'après saison estivale qui rime avec festivals. Et si l'on s'intéresse au marché de la musique en France, ce qui est frappant c'est qu'il se porte (assez) bien. Cela fait maintenant dix ans que le marché de la musique s’est redressé. Année après année, les chiffres confirment la bonne santé du secteur. Cette embellie du marché français ressortait du rapport du Snep en mars 2025, avec un chiffre d’affaires dépassant le milliard d’euros (1,031 milliard contre 968 millions en 2023).

Autre constat remarquable :  le Snep nous apprend que, parmi les 20 meilleures ventes d’albums en 2024, 18 sont des productions françaises et que, sur les 200 meilleures ventes, 145 sont françaises. Ce résultat peut apparaître surprenant mais il l’est moins car cela se produit également pour un autre type de consommation culturelle, celle du cinéma, qui prouve là encore, année après année, combien les Français sont attachés à leur cinéma.
Pour ce qui est de la musique, il est réconfortant de constater que, malgré le rouleau compresseur des multinationales du mainstream musical, les Français se tournent vers des projets des artistes produits dans l’Hexagone et chantant en français.

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