Musique

Ben Mazué

Après l’icône Charles Aznavour, place à un petit jeune, sympathique et pétri de talent qui nous propose son premier album au carrefour de multiples influences.

Ben Mazué est originaire de la Côte d’Azur, ce qui pour nous au Centre International d'Antibes, est déjà un facteur de curiosité. Ce jeune chanteur avait fait une apparition remarquée, il y a tout juste deux ans, avec un deuxième minialbum aux couleurs musicales variées. La critique l’avait salué et on se souvient en particulier de son passage chez Thierry Lecamp de la station de radio Europe 1.

C’est donc avec une certaine impatience que ceux qui l’avaient repéré alors, guettaient la sortie de son premier album prévu pour l'automne 2011. C’est chose faite depuis début octobre.

Et nous ne sommes pas déçus : Ben Mazué confirme le talent, apprécié alors. Il nous offre une œuvre pleine de fraîcheur et de contre-pieds qui nous déroute quelque peu, tant il se plaît à nous faire parcourir, à travers les 13 morceaux de son album, des genres musicaux et d’écritures bien différents.

Nous voilà tantôt entraînés au rythme du hip-hop avec des textes rappés dans Confessions d’un rap addict ou, plus près du slam, avec La valse,  Mes monuments, chanson d’un citadin dédiée à l’amitié : [Je ne suis pas vraiment parti de mon quartier / Du coup mes potes sont des monuments / Ma ville mon appartement / C’est tellement grand Paris /Depuis que je suis chez moi dans ces rues / j’ai des amis comme on ne s’en fait plus]

On retrouve le slam dans Lâcher prise ou bien dans Case départ, la chanson autobiographique qui ouvre l’album. Le jeune homme y décrit son goût pour le hip-hop et autres registres culturels des cités, malgré sa non-appartenance au milieu social et ethnique auquel on l’associe. Car chez lui point de banlieue – de préférence sinistre comme le voudraient les clichés -  point de milieu social défavorisé, ni [ (…) une drôle de famille / Non moi j’ai eu ma dose d’espoir, ma dose de paroles câlines / Ma dose de squares et ma dose de Janis Joplin / J’ai voyagé tout petit, couvert un monde / Dont l’appétit de découverte s’étendait bien au-delà de Paris / Issu de l’Afrique, de Mada(gascar) et de la Provence magnifique / Ajoute à ça les yeux bleus et les cheveux orange, ça complique un peu / Ça dérange personne, mais quand y'a pas de roux / A des kilomètres à la ronde / Qu'est-ce que tu fais de tous les regards ?]

ben_mazue_296Né à Nice, que sa famille quittera pour Paris lorsqu’il aura 10 ans, Ben Mazué est en effet issu d’un milieu plutôt favorisé, une famille qu’il décrit volontiers comme nomade, tant elle est attirée par les voyages . Une famille que lui, le sédentaire, décidera un jour de ne plus suivre par amour pour Paris. « Ce n’est pas moi qui suis parti, ce sont mes parents qui m’ont quitté » aime-t-il rappeler.

Ses chansons aux rythmes urbains et ensoleillés, souvent mâtinées de soul, se télescopent avec d’autres situées beaucoup plus  dans le sillon de la chanson française, celle des Jacques Brel, Alain Souchon ou Renaud qu’il admire. C’est le cas de Evidemment ou de Je regrette et de C’est léger qui nous vaut un très beau duo avec Pauline Croze, l’une des chanteuses-révélations de ces dernières années.


Ces influences issues de la chanson française, on les retrouve également dans L’homme modeste, chanson qui lui va comme un gant et au cours de laquelle on croit par instants écouter Francis Cabrel.

Ben Mazué aurait dû devenir médecin s’il n’avait écouté son besoin d’expression artistique et son amour pour l’écriture qu’il nous confie dans Les mots qui touchent [Y en a d’autres c’est la danse ou les gros bras / Moi c’est la plume et les mots doux glissés au fond des poches].

On ne se plaindra pas de ce changement de cap qui, si l’on y réfléchit, n’est pas si radical, tant la musique et les mots avec lesquels Ben mazué aime jongler sont capables, eux aussi, de nous faire du bien.

Nous vous invitons à découvrir ce jeune auteur-compositeur-interprète étonnant qui se positionne entre le slam d’Abd Al Malik et la chanson française de Francis Cabrel [Etre là où l’on ne t’attend pas, Prendre le temps de passer par la case départ, Souvent où l’on ne t’attend pas]* pourrait bien résumer les intentions de Ben Mazué. Une devise qui fait la part belle à la surprise et qui, pour nous, adeptes de la Pédagogie active, nous convient parfaitement.

 

* paroles extraites de de la chanson Case départ

Pour écouter l'album Ben Mazué sur Deezer cliquez ici

 


© Alexandre Garcia – Centre International d’Antibes

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