Edito du mois

Après deux années de pandémie, où en sont les cinémas, les musées et autres lieux culturels ?

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La décennie bénie du cinéma français, en termes notamment de fréquentation, a pris soudainement fin en 2020. L’année 2021, malgré l’espoir entrevu avec la réouverture des salles, s’est soldée par une timide reprise, réussissant à cumuler 96,6 millions d’entrées, très loin des 213,3 millions de 2019. Musées, théâtres et festivals qui représentent trois autres grands volets de la réussite culturelle française ont bien sûr, énormément souffert des restrictions sanitaires auxquelles le pays a dû se plier.

Le Cinéma

Purement et simplement fermées durant 138 jours, les salles de cinéma ont dû faire face lors de leur réouverture à des protocoles de restrictions successifs : les fameuses jauges autorisant un nombre maximum de spectateurs en fonction de la capacité des salles ; respect d’un couvre-feu avec fermeture obligatoire à 21h00, portée plus tard à 23h00 ; masques durant la projection des films ; et au final, à compter du 21 juillet, l’obligation de présenter un passe sanitaire pour être autorisé à pénétrer dans la salle.
Aller au cinéma fait partie des habitudes culturelles intimement ancrées dans la population française qui, année après année depuis des lustres, se hisse à la première place des pays européens en matière de fréquentation. Cette fois encore, le cinéma en France s’en tire plutôt bien et les 96,6 millions de spectateurs correspondant aux 227 jours d’ouverture confirment une nouvelle fois l’amour des Français pour les salles obscures. Proportionnellement, seuls 36 millions de spectateurs manquent pour atteindre la fréquentation record de 2019. D’ailleurs, La France a bien mieux résisté à la baisse de fréquentation que les Etats-Unis et les autres grands pays européens.
Quant aux films français, ils ont pratiquement fait jeu égal avec les productions de Hollywood (40,8% contre 42,4%) tandis que les films venus d’ailleurs cumulent 16,8% de part de marché et démontrent une nouvelle fois, l’intérêt en France pour la découverte d’autres cinématographies.

Les musées

Ces autres lieux de diffusion de la culture tombant sous le coup des directives gouvernementales car jugés comme lieux non essentiels, les musées comme d'autres établissement, n'ont pas pu bénéficier d'une ouverture sous condition de jauges à l'instar des supermarchés et ont été frappés de plein fouet par la pandémie. Par conséquent, après une première année 2020 où leur fermeture a duré plus de cinq mois, les musées ont à nouveau été privés de visiteurs en 2021 pendant plus de quatre mois. Du plus petit musée de province aux grands musées parisiens de renommée mondiale, tous ont vu leurs entrées chuter, les plaçant en grandes difficultés financières. Privé de ses visiteurs étrangers, notamment asiatiques et américains, Le Louvre a été le plus spectaculairement impacté avec une fréquentation passant de 9,6 millions de visiteurs à 2,8 millions. Tous ces grands musées auxquels on peut joindre les monuments patrimoniaux sont passés à côté de la catastrophe affichant des pertes énormes comme le château de Versailles qui enregistrait plus de 8 millions de visiteurs avant le Covid et seulement 2 millions en 2020 avec une situation quasi identique en 2021.

Le théâtre, les concerts et les festivals

Le spectacle vivant, capables de rassembler en un même lieu, des centaines ou des milliers de spectateurs a été extrêmement pénalisé par les fermetures successives et toutes les autres restrictions qui ont évolué en fonction de la situation sanitaire. Alors que l’été 2021 s’annonçait plein d’espoir, une décision majeure est intervenue le 30 juin : l’obligation de présenter le passe sanitaire pour tout participant à une manifestation regroupant plus de 1000 participants. A compter du 21 juillet, cette obligation a été étendue à tout lieu enregistrant une fréquentation minimum de 50 spectateurs puis, dès le 9 août, elle a été étendue à tous les lieux.  

Quant aux innombrables festivals, principalement de musique, de théâtre et de cinéma, à la fois témoins du goût des Français pour la consommation culturelle et acteurs de cette même effervescence, il convient de distinguer deux types de lieux : ceux proposant une programmation en plein air et les autres. Si, pendant la saison estivale, favorisés par le beau temps des lieux la plupart du temps à ciel ouvert, nombreux ont été les festivals qui ont pu retrouver un public avide de pouvoir renouer avec l’une des activités culturelles favorite des Français, il n’en a pas été de même pour les théâtres et autres lieux de concerts clos. Pour eux, ces deux années ont été une succession à n’en plus finir d’annulations et de déprogrammations.

Il va sans dire que, durant toute cette période soumise aux diverses vagues de la pandémie, la situation financière de tous ces lieux culturels a été gravement malmenée. Pour les aider à la traverser, l’Etat a mis en place des plans d’aides massives pour soutenir le secteur de la culture, injectant plus de 2 milliards d’euros. Dont 453 millions pour le cinéma et l’audiovisuel, 710 millions pour le patrimoine et 823 millions pour le spectacle vivant.

Avec son ministère de la culture, la France a une nouvelle fois prouvé l’importance qu’elle accorde à un secteur qui participe de son identité, de son rayonnement international et qui représentait en 2018 près de 2,3 % du PIB et 670 000 emplois.

 

© Alexandre Garcia - Centre International d’Antibes 

 

 

 

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