Cinéma

Adieu les cons - 1ère sortie octobre 2020 / 2ème sortie Mai 2021

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Arrêté à sa sortie après une semaine d'exploitation pour cause de confinement, "Adieu les cons" a bénéficié d'une seconde opportunité à partir de la réouverture des cinémas le 19 mai 2021. Entre-temps, il aura remporté 7 Césars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Il y a du Jacques Tati et de l’Amélie Poulain dans le dernier film de Dupontel qui a façonné un Paris irréel où futur et passé se télescopent. Nous voici embarqués dans une histoire pleine d’humour, d’action et de magie. "Adieu les cons" vous emballera par les péripéties et les défis qui attendent Suze Trappet, Jean-Baptiste Cuchas et M. Blin au cours de l’enquête à rebondissements que tous trois vont mener.

Juin 2021

Adieu les cons débute par une terrible nouvelle : Suze Trappet, sympathique coiffeuse blonde de 43 ans (fabuleuse Virginie Efira) apprend qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps. Du coup, elle décide de redoubler d’efforts pour retrouver enfin le fils qu’elle a été contrainte d’abandonner à la naissance. Elle n’avait alors que 15 ans.
Suze entame une course contre la montre. Sa recherche commencée sous la forme d’une simple enquête administrative, (et d’une plongée dans les méandres de la bureaucratie), va très vite déraper. Une série de hasards et de coups de théâtre spectaculaires que nous nous abstiendrons de dévoiler ici, vont propulser Jean-Baptiste Cuchas à ses côtés, faisant basculer sa recherche en cavale. Cuchas,  interprété par un magistral Albert Dupontel à la fois réalisateur, scénariste et acteur, est un individu solitaire, un génie de l’informatique et cadre supérieur des services de l’Etat. Après 18 mois de travail intense, il est sur le point de réussir sa mission : interconnecter l’ensemble des organismes publics. Toutes les données relatives à chaque personne présente sur le territoire seront ainsi accessibles. C’est alors que sa hiérarchie le convoque et lui signifie qu’on le considère trop âgé. Il doit accepter de passer la main à de jeunes ingénieurs fraîchement sortis des grandes écoles, qu’il sera chargé de former.

Dans Adieu les cons, le digital omniprésent a créé un monde hyper connecté auquel personne ne peut échapper. C’est dans cette société orwellienne aux rapports humains spoliés à force de technologie que Dupontel fait évoluer Cuchas.  Geek sympathique, naïf, bienveillant, replié sur son monde et sur lui-même, c’est un candide entre les mains duquel la technologie qu’il a mise au point nous apparaît bluffante, inoffensive et amusante mais nous laisse imaginer ses effets potentiellement cauchemardesques pour les libertés individuelles. La rocambolesque vengeance ourdie par Jean-Baptiste Cuchas va avoir une conséquence inattendue et le précipiter auprès de Suze, jeune femme d’une grande sensibilité, déterminée et fonceuse, prête à prendre tous les risques pour retrouver l’identité du fils qu’elle a été contrainte d’abandonner 28 ans auparavant. Leur rencontre va donner lieu à une explosion de situations cocasses d’une cruelle absurdité et en même temps d’une belle humanité, d’autant que le duo sera bientôt rejoint par M. Blin (extraordinaire Nicolas Lemarié, César du meilleur second rôle), un aveugle au métier improbable.

Albert Dupontel a donc conçu un conte d’anticipation dans un Paris hyper moderne, hyper connecté, devenu effrayant à force de technologie. Le monde du travail dans les grandes entreprises et administrations publiques  s'avère froid, anonyme, violent. On y pratique l’âgisme pour se débarrasser de collaborateurs jugés trop vieux ; la politique de ressources humaines est passées au crible de fumeuses interprétations psy ; la bureaucratie règne, entrave et complexifie (scène cocasse de la recherche des archives) ; l'organisation du travail robotise la conduite du personnel. L'environnement urbain est tout aussi détestable. Ainsi, en quelques années, tous les repères que pouvait avoir M. Blin dans son quartier naguère chaleureux avec son jardin, ses boulistes, son café accueillant ont été engloutis et les grues continuent leur besogne façonnant à coup de béton et de verre un nouvel environnement. Quant à la vie quotidienne, elle est tout autant déshumanisée. Dans la rue et dans les transports publics, les conversations et les livres ont disparu. Les écrans des téléphones portables monopolisent l’attention et on les dégaine et brandit au moindre incident pour se l’approprier.

Albert Dupontel va se servir de la technologie sophistiquée de ce monde alarmant pour y puiser à force de détournements pleins de magie, de quoi progressivement, atteindre l'objectif que Suze s'est fixé (scènes des ascenseurs étincelants des tours hyper modernes). Oscillant entre drôlerie, gravité et romantisme, menée tambour battant au rythme effréné de la chanson Mala Vida de Mano Negra, l’aventure de ce trio va vous surprendre, vous émouvoir et vous conquérir à coup sûr.

 

 © Alexandre Garcia – Centre International d'Antibes

 

 

 

 

 


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