Littérature

Dracula de Georges Bess

DRACULA.jpg

Le lecteur de bande dessinée connaît Georges Bess pour son travail de dessinateur sur la série Le lama blanc, scénarisée par Alejandro Jodorowsky. Le dessinateur se trouve cette fois seul aux commandes afin d'adapter le roman de Bram Stoker.


Il n'est pas si fréquent que les Français se distinguent dans le genre de l'horreur et de l'épouvante. Ils en ont pourtant fait la démonstration l'année dernière avec la série Marianne diffusée sur Netlix. Les auteurs n'ont pas à rougir de leur travail, et l'oeuvre a su trouver un public, bien qu'il ne soit pas unanime. Par ailleurs, la plateforme de vidéo à la demande la plus connue a diffusé une adaptation très british de Dracula, sous la forme d'une mini-série. Voyons ce qu'une version hexagonale en bande-dessinée nous propose.

S'il est un talent qui ne se conteste guère, c'est le savoir-faire dans les arts graphiques. Et ce savoir-faire, Georges Bess n'en manque pas. Cet artiste plus que confirmé nous régale une fois encore en s'attaquant à l'adaptation d'un grand classique de la littérature gothique. D'autres dessinateurs s'y sont déjà essayés avec succès. On citera le très réussi Vlad, de Hermann, plus historique que fantastique, ou encore la version expressionniste de Pascal Croci.

L'adaptation de Georges Bess ne démérite en rien au regard de ses prédécesseurs. On se plaît à suivre le dédale de noirs et blancs somptueux, au service d'une histoire à la fois fluide et respectueuse de l'intrigue et du rythme du roman originel. Seul le célèbre film de Coppola peut prétendre à une telle fidélité. A cet égard, l'album de Georges Bess dépasse même le chef-d'oeuvre du septième art en refusant de nous présenter un Dracula amoureux de Mina, la fiancée de Jonathan Harker. On se place donc uniquement dans la perspective classique de la chasse au monstre, telle qu'imaginée par Bram Stoker lui-même. Tous les lieux emblématiques du roman de Bram Stoker sont restitués à merveille : le château du Comte, l'abbaye de Carfax, les bâtiments victoriens. Cerise sur le gâteau, le dessinateur a donné  à Dracula des traits qui rappellent parfois ceux de Gary Oldman, qui avait incarné le vampire dans le film de Coppola.

Le découpage et le choix du cadrage évoquent un film en noir et blanc, l'atmosphère d'étrangeté se voit accentuée par un trait fin et sensuel. En jouant sur d'habiles contrastes de blanc, de noir et de gris, la gamme chromatique participe de la narration au même titre qu'une caméra habilement maniée. Le graphisme nous plonge ainsi dans un récit faisant partie du patrimoine mondial de la littérature. On ne s'en plaindra pas. Comme le disait le grand écrivain italien Italo Calvino, toute lecture de classique est une relecture.

 

© Olivier Dalmasso - Centre International d’Antibes

 

 

Partager

D'autres coups de coeur littérature

Le 3 janvier dernier Daniel Pennac a ravi ses lecteurs en nous livrant Le Cas Malaussène I - Ils m’ont menti, la suite des aventures de la famille…

Le conflit qui, depuis 2011, déchire la Syrie n'est plus à présenter, pas plus que ses funestes conséquences ni les commentaires et analyses plus…

Grande nouvelle pour les fans de la première heure comme pour tout amateur de science-fiction : la série des Valérian, close après 21 tomes et 40…

Paru en août 2016, Petit Pays de Gaël Faye a, depuis, reçu le prix du roman Fnac, le prix Goncourt des lycéens, le prix du premier roman et tout…