Cinéma

Play d'Anthony Marciano

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En 1993, Max a 13 ans quand on lui offre sa première caméra. Pendant 25 ans, il va filmer la bande de ses potes, ses amours , les succès, les échecs. Des années 90 aux années 2010, Anthony Marciano dresse le portrait de toute une génération dans son dernier film Play.

Février 2020

Dans Les Gamins (2013), Anthony Marciano tirait le portrait d'un quinquagénaire (Alain Chabat) et de son gendre potentiel (Max Boublil), déterminés à faire les 400 coups ensemble. Avec Play, sorti sur les écrans le 1er janvier 2020, il refait appel aux mêmes pour incarner Max et son père dans un récit simple et classique qui surprend et émeut en même temps.

Le cinéaste a voulu faire de ces tranches de vie un récit drôle et joyeux. Un film sur l'amour et les séparations, sur les amis et l'adolescence, sur la famille et ses déboires, sur la joie et les copains, un film aussi sur le cinéma, un film sur la vie qui nous ressemble. La reconstitution de ces scènes de vie à travers le filtre du camescope amateur de Max semble si vraisemblable et si proche du vécu de ces 25 dernières années que le film se présente comme une autobiographie; en tout cas, c'est le sentiment qui en résulte.

Comme résultent aussi de ces cassettes vidéos et des événements qui ont marqué l'existence de Max (Max Boublil) le faux film d'une vie et surtout une chronique des années 90 d'une grande justesse, où chaque scène mal cadrée, chaque nuit avinée, le moindre poster dans une pièce ou le moindre délire entre potes, semble sorti des souvenirs des trentenaires d'aujourd'hui. Ces marqueurs, n'en doutons pas, titilleront la nostalgie des derniers cités.

Cette comédie sympathique, volontiers potache[1], est pleine de tendresse pour ses personnages; en particulier pour la mère de Max (excellemment incarnée par Noémie Lvovsky) ou bien Emma, l'amoureuse de Max (Alice Izaaz est impeccable dans ce rôle). Max Boublil est toujours aussi convaincant. On a envie de croire à son histoire.

Inventif dans sa forme - où se situe le vrai du faux film? -, émouvant parce qu'il y est question de sentiments, hilarant lors de situations cocasses entre jeunes, aussi léger que profond, ce récit de vie ouvre l'année 2020 d'une manière fort sympathique.

 

© Sylviane Colomer – Centre International d'Antibes

 

[1]    Potache :  lycéen, collégien (familier)

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