Cinéma

Deux moi, le film de Cédric Klapisch

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Deux jeunes gens se croisent sans se voir... Le réalisateur de Péril jeune (Film culte des années 90) et de L'Auberge espagnole, Cédric Klapisch, filme Paris en suivant Rémy et Mélanie dans leur solitude respective ultramoderne et nous tient en haleine de bout en bout : vont-ils enfin se rencontrer ?

Octobre 2019

 

Depuis plus de vingt ans, Cédric Klapisch capte les émotions de ses jeunes contemporains dans le flux des villes   en révélant une nouvelle génération d'acteurs : Cécile de France et son «   pote   » Romain Duris à Barcelone en 2002 (L’Auberge espagnole), dix ans plus tard à New-York où le même Romain essaie de reconquérir Audrey Tautou (Casse-tête chinois), déjà en 1996 à Paris avec Garance Clavel (Chacun cherche son chat) et de nouveau avec  Duris en 2008 (Paris).

C’est au tour de François Civil (dans le rôle de Rémy) et d’Ana Girardot (dans celui de Mélanie) de reprendre le flambeau dans une comédie mi-grave, mi-légère, sensible et drôle. Des jeunes gens connectés, certes, mais peu doués en matière de rapports humains dans le Paris contemporain. Chacun cherche l’âme sœur sur les réseaux sociaux, les sites de  rencontre alors qu’elle habite juste dans l’immeuble d’à côté. Mélanie est chercheuse et timide, Rémi travaille pour une hotline et traîne un blues tenace. Ils subissent tous deux un désert affectif...

Mais Klapisch croit encore à l’humain, à sa capacité d’écoute et d’émerveillement face à l’inattendu   : l’offrande d’un chaton, la bienveillance de l’épicier du coin (Simon Abkarian), l’introspection favorisée par la psychanalyse apparaissent comme autant de palliatifs à l’ultramoderne solitude de nos sociétés.

 

En définitive, Klapisch ne raconte pas une histoire d’amour mais une préhistoire d’amour. Il nous laisse le soin d’imaginer la suite de ce conte urbain, finalement rassurés de ce que la vie a à offrir. Dans ce récit à deux voix où nous balade Klapisch, Ana Girardot apporte sa délicatesse et François Civil son humour décalé.

 

© Sylviane Colomer – Centre International d'Antibes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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