Cinéma

Fleuve noir d'Erick Zonka Date de sortie : 18 juillet 2018

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Noir, lourd, ambigu, les qualificatifs ne manqueront pas de venir à la bouche de celles et ceux qui verront ce film d’Eric Zonka, avec des acteurs exceptionnels pour interpréter la rencontre entre un flic désabusé et alcoolique, une mère dans l’angoisse et un suspect dont on ne sait s’il en est vraiment un. Ce film ne laissera, en tout cas, personne indifférent.

Septembre 2018

Dany, 16 ans, a disparu. François Visconti (Vincent Cassel) est le commandant de police qui va devoir enquêter sur cette disparition. Sur son chemin, Yan Bellaile (Romain Duris), le professeur particulier de cet adolescent, va lui proposer son aide. Une aide qui pourrait paraître loin d’être désintéressée, voire suspecte…

Ce thriller nous mène, dans une ambiance travaillée, à la rencontre de personnages torturés. Un policier, pour commencer, usé par son passé, alcoolique, et qui projette, dans sa recherche de Dany, la relation inexistante qu’il a avec son fils du même âge que le disparu. Il y a aussi ce professeur ambigu, dont le grand intérêt pour cette enquête en devient étrange. Entre ces hommes, la mère éplorée de Dany - incarnée par Sandrine Kiberlain – est, elle aussi, un personnage complexe auquel l’enquêteur portera un intérêt tout particulier.

Cette nouvelle collaboration entre deux figures majeures du cinéma français avec une interprétation libre voulue par Erick Zonka est une vraie réussite. Avec un rôle à risque, Romain Duris s’essaie à un nouveau profil, lui permettant de confirmer cette volonté de ne jamais s’enfermer dans un personnage, mais d’évoluer dans l’interprétation d’un homme ambigu, voire haïssable, bien loin du rôle de Xavier dans L’auberge espagnole, ou bien celui d’Alex dans L’arnacoeur. Vincent Cassel est lui aussi excellent dans le rôle de ce policier, rôle qui aurait dû être interprété par Gérard Depardieu si ce dernier n’avait eu des problèmes de santé.

Plus vrai que nature, les sentiments et caractéristiques des personnages font plonger le spectateur dans un film qui, s’il ne peut être qualifié de réaliste, et c’est sans doute ce qui en fait une force, permet à Vincent Cassel – Les rivières pourpres, Mesrine, Ocean’s 13, Gauguin - et Romain Duris – L'auberge espagnole, De battre, mon cœur s’est arrêté - de cabotiner et de prendre plaisir à jouer au sein d’une œuvre qu’Erick Zonka – La vie rêvée des anges, Le petit voleur - a su investir d’une âme. L’originalité de ce film réside en outre dans le montage du réalisateur qui a ajouté une valeur forte à un jeu d’acteurs déjà très riche. Fleuve noir ne laisse personne indifférent, on l’aime ou on le déteste, mais comme le dit Romain Duris, ce film « transpire le cinéma ».

 

 

© Eric Bischof  - Centre International d'Antibes

 

 

 

 

 

 

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