Cinéma

Sage Femme

Avec Sage Femme, Martin Provost réunit deux grandes actrices françaises, Catherine Deneuve et Catherine Frot pour une comédie emplie de finesse et d'élégance qui touche à la vie ordinaire et bouleverse par la justesse des deux comédiennes. Catherine Frot nous avait séduits, entre autres, dans son interprétation de Marguerite en 2015 et le talent de Catherine Deneuve n'est plus à démontrer ( depuis Les parapluies de Cherbourg en 1963 ).

de Martin Provost, film sorti le 22 mars 2017
Avril 2017

Martin Provost, acteur (pensionnaire à la Comédie Française dans les années 80) et romancier,  bientôt sexagénaire,  lancera sa carrière dans le cinéma en 1997 avec une comédie, Tortilla et cinéma. En 2002, il écrit et réalise Le Ventre de Juliette, un long-métrage qui aborde le thème de la relation parent/enfant. Dès lors le motif récurrent de ses films sera des portraits de femmes.

 Avec Séraphine, en 2009, il obtiendra 7 César, dont celui du Meilleur film et du Meilleur scénario ; Yolande Moreau recevra le César de la Meilleure actrice. Il dirige Emmanuelle Devos et Sandrine Kimberlain dans Violette en 2013, une histoire de l'intense amitié entre Simone de Beauvoir et Violette Leduc dans le Saint-Germain-des-Près d'après-guerre.

En 2017, avec un titre évocateur, Sage Femme, Martin Provost s'intéresse à la relation hors du commun entre une femme passionnée par son métier et l'ancienne maîtresse de son père défunt. Une manière aussi de rendre hommage à une profession à laquelle il doit son existence. Il avoue dans une interview avoir été sauvé par une sage-femme à sa naissance.

La sage-femme, c'est Claire (Catherine frot) qui est la droiture même et voue sa vie aux autres. Cette vie sage et tranquille qui va être bouleversée par le retour de l'ancienne maîtresse de son père, Béatrice, fantasque et égoïste, son exacte opposée ! Catherine Deneuve est surprenante de naturel, elle assume les défauts de son personnage et les deux comédiennes se complètent à merveille. Peu à peu s'installe entre elles une relation mère/fille ; elles se rapprochent selon une trajectoire naturelle, servie par un jeu d'actrices complices.

Leur histoire, en somme, est simple et banale ; elle nous ramène au vécu de tout un chacun, mais avec une telle grâce et élégance que ces presque deux heures de projection nous transportent dans un univers qu'on a du mal à quitter. Une jolie ode à la vie et à la liberté. Du cinéma classique qui fait du bien !

 

© Sylviane Colomer – Centre International d'Antibes

 

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