Le Français et Vous

Le magazine pédagogique du Centre International d'Antibes

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Cinéma: Crime d'amour

19468088.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20100624_124807_480Dans une multinationale, la jeune Isabelle est aux ordres de Christine à laquelle elle voue une admiration sans limite. Christine, consciente de son pouvoir et désireuse de l'exercer sans morale, utilise la jeune femme pour mieux servir sa soif de pouvoir et de séduction. Elle l'entraîne alors dans un engrenage pervers allant jusqu'à lui laisser son amant comme appât. Le piège se referme sur Isabelle. La crise est proche, inévitable.
La scène d'humiliation, filmée à l'insu d'Isabelle, orchestrée par Christine, et volontairement projetée en pleine réunion, marque le point de non-retour de ce personnage qui va basculer dans une obsession de vengeance.
Alors s'engage une vraie mise à mort. Une dérive psychologique où l'on ne sait plus qui est le machiavel de l'histoire.
Les soupçons évidents deviennent de futurs stratagèmes. Le coupable idéal trouve l'Innocent pour porter son crime. Le jeu des actrices tient tout ce film et son suspens. On comprend pourquoi le réalisateur voulait au départ l'appeler "la femme parfaite".

Pourtant, si le jeu des actrices et des acteurs porte la tension dramatique à son comble, la mise en scène reste plus fragile. Des moments un peu trop attendus qui enlèvent à l'intensité de l'action.
Le jeu de Ludivine Sagnier a parfois le ton de celui de Swimming Pool de F. Ozon, même si dans cet univers il est poussé à son paroxysme. Finalement, l'engrenage du pouvoir montre bien que nul n'en réchappe, et qu'Isabelle, en apparence victorieuse, reste sous la menace d'un chantage possible. Elle est devenue ce qu'elle haïssait : l'Autre, en utilisant ses armes jusqu'à la destruction radicale. Cette réflexion sur le pouvoir et ses enjeux est éloquente en ces temps de crise au travail, de harcèlement et de suicides répétés.

 

© Muriel Navarro – Centre International d’Antibes