Cinéma

Les contes de la nuit

Dans un cinéma désert, toutes les nuits, un vieil homme, une jeune fille et un garçon se retrouvent pour écrire des histoires. La machine à créer des vêtements et des coiffures va permettre à chacun de se projeter dans un des contes. Ce film est un mélange de technologie et de tradition où des personnages de jeux d’ombre en papier découpé-humains et animaux- relatent six contes porteurs de messages forts dénonçant des injustices.

<p><strong>Michel Ocelot </strong>est né en 1943 à Villefranche-sur-mer sur la Côte d’Azur. Il passa une partie de son enfance en Guinée puis revint en France à Angers. Il vit actuellement à Paris.  Après des études à l'Ecole des beaux-arts, il se lance dans l’animation; il a réalisé des courts-métrages, puis des longs-métrages : <strong><em>Kirikou et la sorcière </em></strong>(1998)<strong> <em>Princes et princesses</em></strong> (200)<strong> </strong><em><strong>Kirikou et les bêtes sauvages</strong> </em>(2005) <strong><em>Azur et Asmar</em></strong> (2006) et enfin son dernier <strong><em>Les contes de la nuit</em></strong> en 2011. Il a reçu, cette année, le prix Henri Langlois pour le film d’animation et de l’imag<em>e</em> animée.</p>

 


contes de la nuit affiche Pour ceux qui connaissent Princes et princesses, ce dernier film est comme une suite qui propose six contes en six courts-métrages dont chacun est porteur d’un message. Le loup-garou, Ti Jean et la belle sans connaître, L’élue de la ville d’or, Le garçon qui ne mentait jamais, Garçon Tam Tam, La fille biche et le fils de l’architecte. Ainsi, nous passons d’un univers à un autre, l’Afrique, les îles, le Moyen-Orient, le Maghreb. Les couleurs sont splendides, contrastant avec un jeu d’ombres chinoises. Au début de chaque conte, le cri du hibou nous prévient, nous guidant vers un autre pays lointain.
Dans Le loup-garou, il évoque la trahison entre deux sœurs et un condamné accusé à tort, avec Ti Jean et la belle sans connaître. il se situe dans une île créole où le héros affronte trois animaux sauvages : en arrière fond, on sent bien le message écologique. L’élue de la ville d’or qui relate des sacrifices mayas veut souligner la liberté de celui qui crée, imagine. Le garçon qui ne mentait jamais a des scènes particulièrement extraordinaires dont celle d’un cheval ouvrant son cœur à son maître pour sauver une princesse à la jument chantante.  
Tous ceux qui ont aimé l'univers d'Ocelot dans ses précédents films d'animation, retrouveront ici un univers où la beauté du trait, des ombres, des couleurs nous changent des abus d'effets spéciaux, qui parfois dans le film d'animation demeurent le seul point fort du film. Ici, c'est au contraire tant le contenu des propos que sa technologie qui rendent ce monde cinématographique si exceptionnel. Réalisateur ou sorcier, Michel Ocelot parle ainsi de son travail : "Au cours des années, j’ai découvert une chose géniale : je suis un sorcier. J’ai deux pouvoirs : celui de produire de la beauté et celui de susciter des êtres et des faits qui n’existent pas et qui nous font voyager à travers différents univers comme un tapis volant ". Alors bon voyage à vous qui irez voir le film.

 

© Muriel NAVARRO - Centre International d'Antibes

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