Edito du mois

La COP 21, PARIS CLIMAT 2015

Pour un accord universel sur le climat. Du 30 novembre au 11 décembre 2015, Paris va accueillir et présider la 21ème Conférence des Nations unies  sur les changements climatiques (COP21). Son objectif : maintenir le réchauffement de notre planète en deçà de 2°C. Les sociétés et les économies de la planète entière étant de plus en plus menacées par le dérèglement climatique, COP21 doit aboutir à un accord international  applicable à tous les pays et remplacera le juridiquement contraignant protocole de Kyoto1. La France qui a été désignée pays hôte de cette Conférence organisée sous l’égide de l’ONU, entend jouer un rôle moteur sur le plan international pour rapprocher les points de vue et faciliter la recherche d’un consensus.

6a00e5500b4a64883301b7c7d850c5970b_1778Des instances mobilisées pour trouver des solutions aux changements climatiques.

Depuis 1994, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques2 est entrée en vigueur et a été ratifiée par 196 « parties » prenantes à la Convention.

C’est une convention universelle de principe qui reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et qui donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène.

La Conférence des parties (COP), composée de tous les Etats « parties », se réunit chaque année lors de Conférences mondiales où sont prises des décisions à l’unanimité ou par consensus. La Conférence se déroule sur la base d'une rotation géographique dans un des pays des 5 groupes régionaux de l'Organisation des Nations unies : Asie-Pacifique, Europe de l'Est, Amérique Latine-Caraïbes, Europe de l'Ouest élargie et Afrique.

 

En 2015, la France, désignée pays hôte lors de COP19 de Varsovie en 2013, organise la tenue de cette Conférence des Nations unies dans les meilleures conditions possibles sur le site de Paris-Le Bourget : il présente la meilleure capacité d’accueil (40000 participants) pour les délégations officielles, les medias mais aussi la société civile à laquelle est réservé un « espace dédié » sur le site. Le succès de la Conférence dépend de ces trois composantes essentielles !

Le 10 septembre dernier, la mobilisation pour la Conférence PARIS CLIMAT 2015 a été officiellement présentée à l’Elysée par le président de la République.


Quel constat fait-on aujourd'hui ?

D'après le dernier rapport du GIEC 3, nous pouvons avancer les principales manifestations du dérèglement climatique  :

Pour commencer, la température moyenne annuelle a augmenté de o,85°C depuis 1880 et  pourrait croître jusqu'à  près de 5°C d'ici à 2100.

Plus de 90% de l'énergie due au réchauffement climatique est stockée dans l'océan.

L'Océan Arctique pourrait être libre de glace avant le milieu du XXIème siècle. Le niveau de la mer s'est élevé de 0,19 mètre de 1901 à 2010. D'ici à 2100, le GIEC prévoit une hausse probable de 26 à 82 cm.

Les concentrations de CO2 liées à l'activité humaine ont augmenté de 40% depuis 1750 et de 20% depuis 1958.

Il va de soi que l'accord de Paris en 2015 devra apporter une réponse politique à la hauteur du constat des scientifiques. Une mobilisation universelle et immédiate est nécessaire. L'enjeu clé sera certainement le financement des politiques climatiques : un préaccord doit être trouvé sur ce sujet à Lima en octobre, pour réunir 100 milliards de dollars par an à compter de 2020.

 

bannire-cop21_2000


D'ores et déjà , des engagements chiffrés.

À quelques semaines du début de la COP21, 59 pays (dont 28 pays membres de l'Union européenne) ont pris des engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Mais ces déclarations sont assez anarchiques, chaque pays choisissant son année de référence et son année d'objectif. Ainsi, L'Union européenne s'engage à baisser ses émissions de 40% par rapport à leur niveau en 1990 (année de référence) d'ici 2030 (année d'objectif). Les U.S.A n'envisagent qu'une baisse de 30% par rapport au niveau 2005 d'ici 2025.

 

conf_cop21_795_795Les pays émergents ou en voie de développement ne veulent généralement pas se fixer de date de référence pour ne pas entraver leur développement. Toutefois, ils s'engagent à diminuer leurs émissions à une date donnée par rapport au niveau qu'elles auraient atteint cette année-là s'ils n'avaient rien entrepris pour les limiter. En clair, ils vont continuer à émettre plus de dioxyde de carbone dans les années à venir tout en essayant de limiter cette hausse.

\

D'autres pays, comme la Chine, pourront choisir de faire baisser leur intensité carbone, à savoir la quantité de gaz émis par unité de PIB, à une date donnée par rapport à une année de référence (2005 et 2030). Si la croissance du pays reste forte, les émissions globales risquent donc de continuer à augmenter... D'autres grands pays, comme l'Inde et le Brésil, peuvent pencher vers ce type d'engagement.

Pour le moment, nous voyons bien que les engagements des pays sont nettement insuffisants. Doit-on s'attendre à un accord miracle ? Pourtant, une transition écologique s'impose, nous semble-t-il, nécessitant une profonde transformation de nos modes de vie.

Il faut vraiment en avoir conscience !

 

© Sylviane Colomer – Centre International d'Antibes

1. En décembre 1997, COP 3 a adopté le Protocole de Kyoto : pour la première fois, 37 pays     développés se sont engagés sur des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. 193 pays ont ratifié le Protocole excepté les U.S.A (le seul parmi les pays développés), pour la première période d'engagement qui expirait en 2014.

2. La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a vu le jour lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992.

3. Le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat) a été créé en 1998 par l'OMM ( Organisation Météorologique Mondiale) et le PNUE (Programme des Nations unies pour l'Environnement). C'est un lieu d'expertises visant à synthétiser les travaux menés dans les laboratoires du monde entier. L'Afrique restant malheureusement sous-représentée.

La gestion en est assurée par un bureau de 31 membres renouvelé après la sortie de chaque nouveau rapport d'évaluation. Leur première tâche étant de faire appel à des auteurs (3000 candidatures pour 2014).

Il est intéressant de savoir que, même soumis à l'approbation des gouvernements, le rapport n'échappe pas aux scientifiques. On peut saluer ce travail scientifique international pluridisciplinaire et de grande qualité.(Madame Ségolène Royal, ministre de l'environnement)

4. Affiche PARIS2015 : Le pyranomètre CMP11 est un détecteur de température, particulièrement adapté aux réseaux météorologiques.

Partager

Nos autres coups de coeur edito du mois

En coorganisant avec l'Association des enseignants de français de Russie (l’AEFR), son 26ème Séminaire national du 28 janvier au 4 février 2017

La société française semble fâchée avec sa jeunesse et c’est l’un des problèmes majeurs auxquels elle est confrontée. La France pourra-t-elle renouer…

Quand on disait série télévisée entre 1970 et 1980, l’on pensait à juste titre aux séries américaines (Dynastie, le Prisonnier, Star Trek, Colombo……

C’est arrivé mi-juillet, alors que le pays, la Côte d’Azur en tête, venait de se recueillir, rendant ainsi hommage aux victimes de l'attentat du…

Avec les vicissitudes que traverse l'Espagne ces dernières semaines, articles ou cartes sur le régionalisme et les autonomismes en Europe ont…

Le Grand chambardement eut sa saison 1, pleine de suspens, assortie d’un épilogue tout à fait inattendu qui vit les Britanniques vouloir filer à…

En ce mois de mars que le Centre International d'Antibes consacre à la francophonie, nous vous proposons de vous intéresser à une célèbre -par…

Suite du Grand chambardement, initié dans le numéro d'avril 2017. Ici, nous verrons les deux épisodes livrés au cours du mois de mai : l'

Incroyable mais vrai ! Alors que les Français semblaient engagés depuis des années dans un concours de pessimisme1, voilà qu’un individu sorti de…