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A l'été 2023 en France, la crainte de la surfréquentation après les cocoricos touristiques
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A l’orée de l’été 2023, cette nouvelle saison estivale loin de la pandémie va conforter la France comme première destination touristique mondiale et Paris comme ville la plus visitée au monde. C’est le moment choisi par le gouvernement pour essayer de contenir les effets nocifs de la « surfréquentation » touristique.

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En décembre 2022, le classement de Euromonitor Internationalla société britannique spécialisée dans le marché touristique global, plaçait pour le deuxième année consécutive Paris, comme la première grande ville touristique au monde devant Dubaï et Amsterdam.

En matière de données touristiques, un autre cocorico est poussé chaque année par la France depuis plus de 25 ans, au vu de la fréquentation non plus de sa capitale, mais de l’ensemble de l’Hexagone. Premier pays au classement des destinations touristiques, la France a conforté encore sa position au cours de cette période d’après Covid.

Reste que si les quelques 90 millions de touristes attendus sont une manne pour notre économie puisque le secteur représente 8% du PIB, cette fréquentation pose aujourd’hui, de plus en plus  question car elle se concentre sur des lieux et territoires bien trop restreints. On observe, en effet, que la fréquentation touristique en France semble obéir à la loi de l’économiste Vilfredo Pareto et à sa règle des 80/20. Ainsi, 80 % de l’activité touristique française est absorbée par à peine 20% du territoire, ce qui fait peser sur ces zones une pression touristique de plus en plus forte et de moins en moins tolérée.

Ce phénomène appelé de surfréquentation, ou de surtourisme est blâmé car en contradiction totale avec la notion de tourisme durable ou éco responsable. Ce tourisme idéal entend, lui, comme le dit Olivia Grégoire, la ministre chargée du secteur touristique, "repenser les pratiques et les modèles structurant le tourisme au cours des dernières décennies. Avec une préoccupation majeure : comment voyager dans le monde de demain en respectant davantage l’environnement et en veillant à de meilleurs équilibres économiques et sociaux ?"1. Le tourisme de masse concentré sur certains espaces est d’autant plus clairement mis en évidence qu’il fait suite à la longue période de pandémie et à ses confinements. Il touche aussi bien des sites incontournables que d'autres, nouveaux, victimes à leur tour d’un intérêt inédit, dû la plupart du temps aux réseaux sociaux, alimentés par une multitude d'influenceurs. De plus en plus fréquemment, il est par conséquent, question à la fois, de défis posés par ce surtourisme, et de réflexions menées afin d'arriver à en contrôler les flux. 

En France, après la prise de conscience, l'heure est à la mobilisation pour essayer d'endiguer un phénomène mondial qui risque de se développer encore durant l'été qui arrive. Le gouvernement s’apprête donc, à lancer un plan national pour freiner les pics de fréquentation constatés sur certains sites du territoire. L’opérateur institutionnel Atout France sera chargé de développer une plateforme destinée aux professionnels du réceptif du secteur touristique afin de les informer et de les soutenir dans leur démarche pour soulager certaines zones à certaines périodes. Car il s’agit d’une cause qui vise  selon le ministère du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme à "préserver l’équilibre entre l’attractivité locale et la protection des lieux et leur biodiversité."

Pour atteindre cet objectif, le ministère a défini [une stratégie autour de quatre axes avec l’ambition de concilier le développement du tissu économique local avec la soutenabilité et la préservation des sites touristiques. L’ambition du plan, à terme, est de faire découvrir des sites plus méconnus du patrimoine culturel français et d’inciter les touristes à découvrir des lieux plus confidentiels mais tout aussi intéressants.]2
Espérons que cela suffira à soulager certains territoires et sites qui aujourd’hui sont étouffés par l’affluence, sans pour autant que l’Etat ne joue le rôle des influenceurs pyromanes, et que d’autres espaces soudain promus grâce à des campagnes de communication institutionnelles ne deviennent à leur tour victimes de la surfréquentation que l'on aura peut-être évitée ailleurs. Car ce sont bien les enjeux notamment économiques inhérents au concept de tourisme tel qu'il est encore très largement pratiqué à la fois par les particuliers et les acteurs du secteur qui mène au surtourisme et à ses tares.

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