Cinéma

Une vie meilleure

Après l’excellent Les petits mouchoirs, Guillaume Canet a décidé d’être l’interprète d’un film qui, contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre, décrit une véritable descente aux enfers. Le réalisateur Cédric Kahn qui avait réalisé Les regrets trois ans auparavant, parvient à dépeindre une société du crédit qui peut entraîner un individu dans une spirale infernale conduisant le plus souvent au drame.

Dans un rôle où on ne l’attendait pas, Guillaume Canet incarne brillamment le personnage de Yann, un employé de cantine dont l’ambition réaliste est d’ouvrir son propre restaurant. En couple avec Nadia (Leïla Bekhti – César du meilleur espoir féminin en 2011 pour Tout ce qui brille) et son jeune fils Slimane (Slimane Khettabi), ils vont croire à ce projet en devenant propriétaire d’un local que Yann souhaite utiliser comme restaurant.
Cependant, très rapidement le rêve va se briser et les problèmes vont se succéder. Dépassé par les crédits1, Yann ne sera plus en mesure de rembourser auprès des banques et des prêteurs qui lui auront accordé un crédit. Entraîné dans un engrenage sans retour, Yann y perdra Nadia qui aura préféré les quitter sans rien laisser derrière elle. Dès lors, seul avec Slimane, Yann n’aura d’autre solution que de se rattacher à ses valeurs.

uneviemeilleureaffiche_395Traitant d’un sujet difficile où l’on peut facilement tomber dans la caricature ou les clichés, Kahn réalise un tour de force grâce à la justesse de jeu de ses acteurs. Francs, simples et justes, ils ne surjouent jamais et sont plus que crédibles, ordinaires. C’est bien cette qualité principale qui touche le spectateur. Il perçoit tout de suite un sujet qui nous concerne tous et peut se projeter sans retenue dans les situations auxquelles sont confrontées Yann, Slimane et Nadia.

S’appuyant sur le talent de Guillaume Canet, Cédric Kahn parvient à éviter les écueils d’un mélodrame simpliste pour parvenir à garder le spectateur en haleine et attentif. Abordant une thématique grave avec des acteurs brillants, il parvient à faire un film confondant de réalisme et qui se révèle être une grande réussite car il est une démonstration critique d’une société où la réussite individuelle est devenue le Saint Graal et où la perte de repères peut conduire un individu à la déroute.

 

1. Signalons un autre film qui s'attache à dénoncer les dérives des sociétés de crédit : Toutes nos envies, de Philippe Lioret

 

 

Voir la bande-annonce du film

 

© Eric Bischoff – Centre International d’Antibes

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