La tarasque - Exploitation d'un document vidéo de la chaîne youtube Castor mother

Description
Type de document et source Vidéo chaîne Youtube Castor mother
Bestiaire n°2, la tarasque
Niveau européen  B2
Public Élèves de  lycée et adultes.
Durée de l'activité Environ 1h , plus une séance de 45 minutes afin de prolonger l'activité.
Matériel

Un vidéoprojecteur ou écran télé

Activité

 

Par le biais d’une vidéo, se familiariser avec une légende du patrimoine
Pouvoir lier cette connaissance à son propre patrimoine
Travail d’enrichissement lexical
 Objectifs au niveau culture et civilisation contemporaines et interculturel

Découvrir une légende propre au Sud de la France, évoquer les festivités qui y sont liées
Patrimoine littéraire et culturel et avec des étudiants de diverses cultures, échange interculturel

Objectifs linguistiques  (savoir-faire, compétences grammaticales et lexicales) Comprendre un document authentique en langue standard portant sur un trait de civilisation
Aborder le lexique propre aux légendes
Révisions des temps du passé
Introduction possible au passé simple si souhaité par l’enseignant
Pouvoir présenter un mythe ou une légende de son pays

 

 

Capture La tarasque.PNG
Démarche pédagogique
Chaque région de France possède sa culture, ses particularismes et ses légendes. Aujourd’hui, nous vous convions à un voyage dans le temps à la découverte d’un monstre fabuleux issu du folklore provençal : la tarasque. Par le biais de la pédagogie active, les étudiants s’approprieront un élément important du patrimoine régional, littéraire et symbolique d’une région française. Ils pourront in fine présenter à leur tour un mythe ou une légende provenant de leur culture.


Séquence

Partie introductive - Production écrite et /ou orale.

Durée: 10 minutes

Afin de lancer l’activité, l’enseignant demande aux étudiants à quoi ils associent le Sud de la France, et plus particulièrement la Provence et la Côte d’Azur.

Puis il demande aux étudiants s’ils connaissent des légendes propres à leur pays. On n’entre pas dans les détails lors de cette étape. Le but reste uniquement d’introduire le document.


Afin de faciliter l’accès à la séquence suivante, le professeur procède à un petit bilan sur les monstres fabuleux cités dans le document : dragon, hydre, manticore, Léviathan. Une brève description suffit. Il s’agit simplement de poser des repères.

 

 

Séquence

Travail de compréhension orale

Durée: 15 minutes

Le professeur procède à un minimum de deux écoutes du document.   Il est recommandé :

1) lors de la deuxième écoute, de revenir, par des brèves pauses et retours, sur des moments plus difficiles de la vidéo.
2) de convertir le fichier en audio uniquement, afin que la vidéo n’aide pas trop les étudiants et ne disperse par leur attention
3) lors d’une écoute finale, après la correction, de montrer intégralement le document avec son support vidéo.

 

QUESTIONNAIRE

 

1-Compléter la phrase : Le dragon est un _________     universel dans les mythes  ____________

2-Quelle est la signification générale de ces mythes ?

3-Citez plusieurs valeurs chrétiennes :

 

4-A quelle époque et où prend place l’histoire de la tarasque ?

5-Qui réussit à apaiser (calmer) la tarasque ?  

6 Qu’est-il arrivé à la tarasque après ?

7-Où la tarasque est-elle encore fêtée aujourd’hui ?

8-Donnez au moins 4 caractéristiques physique de la tarasque :

9-Avec quelle autre bête mythologique la tarasque est-elle mise en parallèle ?

 

 

 

Correction :


1-Compléter la phrase : Le dragon est un symbole     universel dans les mythes  indo-européens

2-Quelle est la signification générale de ces mythes ? Lutte du bien contre le mal , chevalier guidé, combat les forces diaboliques

3-Citez plusieurs valeurs chrétiennes : douceur, charité, miséricorde

4-A quelle époque et où prend place l’histoire de la tarasque ? XIIème, XIIIème siècle, au bord du Rhône, à Avignon

5-Qui réussit à apaiser (calmer) la tarasque ? Sainte Marthe

6 Qu’est il arrivé à la tarasque après ? Abattue, tuée par les villageois

7-Où la tarasque est-elle encore fêtée aujourd’hui ? À Tarascon

8-Donnez au moins 4 caractéristiques physique de la tarasque : six pattes, carapace de tortues, épines sur le dos , tête humaine, lion, dents, queue, aiguillon

9-Avec quelle autre bête mythologique la tarasque est-elle mise en parallèle ? La manticore

 

Séquence

Compréhension écrite / Production écrite (optionnel) / Travail de renforcement lexical

Durée: 20 minutes

Afin d’enrichir le lexique, le professeur pourra projeter la transcription du document, et s’attarder sur les expressions soulignés. C’est aussi l’occasion de travailler la lecture à haute voix, les groupes de rythmes, les liaisons, de façon globale et dans l’optique d’une remédiation générale.
Le professeur peut demander à des groupes de produire leurs propres exemples une fois le lexique élucidé, soit pendant la séance, soit en travail à la maison, mais de façon individuelle, et en fonction du temps restant.

 

A travers la légende, il y a toujours quelque part une chevalier qui terrasse un dragon. Ce mythe est un symbole universel puisqu’on le retrouve dans divers textes de mythes indo-européens. Quand je parle du dragon, je parle  au sens large du terme, à savoir un monstre gigantesque, avec plus ou moins de caractéristiques reptiliennes, dévorant tout sur son passage. La forme la plus populaire de ce mythe en Europe est le combat de Saint-Georges contre le dragon. Il y a d’autres histoires de ce genre qui  découlent de mythes plus anciens qui datent de l’ Antiquité, par exemple Hercule et l’hydre de Lerne, pour ne citer que celui-là. Très souvent, il y a un sous-texte dans ces histoires, mais généralement, on peut y voir le gentil qui gagne contre le méchant, le bien qui triomphe sur le mal, le chevalier guidé par le main de Dieu, qui combat les forces diaboliques. Dans une époque fortement influencée par ces croyances, ça faisait tout à fait sens. Le plus souvent, la tradition veut que le dragon périsse  sous la lame d’un homme, mais il semble qu’il y ait d’autres alternatives plus douces, qui reflètent d’autres valeurs de la chrétienté, plus spirituelles, comme la puissance de la douceur, la charité, la miséricorde, qui triompheraient sur la bestialité et la colère. Il existe une histoire qui prend place en France. Les écrits qui content cette histoire datent du XIIème et du XIIIème siècle, même s’il est fort probable qu’avant qu’elle ne soit couchée sur le parchemin , elle soit issue d’une longue tradition orale. Le récit rapporte que sur les bords du Rhône, non loin d’Avignon, une bête terrifiait les habitants. Elle dévorait hommes et bétail. On la nommait «tarasque» . Elle avait surgi des flots du Rhône et s’ apparentait comme suit dans le texte. : c’était bien sûrsans sourciller  des fleuves et crut que le Jourdain s’engloutirait dan un dragon,  du genre de celui qui est appelé Leviathan dans le livre de Job. Il avalait s sa gueule. Il était venu de la mer de la Galatie d’Asie, engendré par Léviathan, serpent aquatique très féroce, et un taureau sauvage. A l’époque, le fleuve était bordé d’une forêt dense, où la bête avait élu domicile. Les habitants avaient tout fait pour se débarrasser du monstre : des assauts armés, des pièges, des rites païens , même, pour apaiser la bête. Mais rien n’y fit, et la tarasque se repaissait encore et toujours des troupeaux et des hommes malchanceux. Désespérés ,les villageois entendirent une rumeur. Lazare ressuscité par Jésus-Christ, sa sœur Marthe, Marie de Magdalena et d’autres compagnons, avait échoué dans les environs. Les Pharisiens les avaient envoyés à la mort en les laissant sur les flots,  sur une embarcation sans voile ni gouvernail. Mais ils ont tout de même survécu, et ils sont arrivés vivants, non loin de l’embouchure du Rhône, à l’endroit où se trouve le village et l’église des Saintes-Maries-de-la-mer. Les pèlerins partirent alors répandre la bonne parole, et le chemin que parcourut Sainte Marthe le long du Rhône était alors semé de nombreux miracles. Les habitants terrifiés par la tarasque virent en elle leur dernier espoir. Ils envoyèrent alors des messager quérir  son aide ; ce qu’elle fit sans l’ombre d’une hésitation. Elle s’est alors postée devant la bête, qui dans un premier temps a pris son élan pour dévorer le frêle jeune femme sans armes. Mais celle-ci, après l’avoir aspergée d’eau bénite , lui intima  de se tenir tranquille au nom de Jésus-Christ. La tarasque s’est arrêté net, est devenue immédiatement docile, laissant Sainte Marthe lui passer sa ceinture autour du cou, comme un sorte de laisse. Le monstre ainsi apprivoisé se laissa alors gentiment balader dans les rues. La tarasque ne fit plus de dégâts.

L’histoire a l’air de bien se finir. Tout le monde est heureux, les oiseaux chantent, les arcs-en-ciels et les poney font la fête au milieu des paillettes. J’étais contente, que, pour une fois, une histoire de dragon se termine bien pour tout le monde, y compris pour le dragon. Mais en fait, le récit n’est pas terminé. L’animal docile n’attaquant plus les villageois, ceux-ci n’ont pas pu oublier leur rancoeur  et on profité pour lui démonter le faciès. La tarasque fut abattue  à coups de lances et de pierres. Fin.


Ce récit, entre autres  interprétations symboliques,   serait une triomphe de l’amour sur la fatalité, ou bien de la victoire de la foi chrétienne sur les rites païen, puisque Sainte Marthe a réussi là où les villageois avaient échoué, en faisant des offrandes ou en faisant appel à la sorcellerie. Selon la légende, cette légende avec la tarasque donna son nom à la ville de Tarascon. Mais d’un point de vue linguistique, le contraire serait plus logique. Toujours est-il qu’encore aujourd’hui, dans la ville de Tarascon, on fête la tarasque dans un grand défilé annuel. Par ailleurs, la légende la tarasque est inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité.

Je ne vous ai pas décrit la tarasque sciemment , même si à ce stade de l’illustration vous avez une idée de ce à quoi elle ressemble. Les représentations sont encore une fois nombreuses et fluctuantes, mais celle qui revient le plus souvent, c’est celle d’une bête à six pattes avec une sorte de carapace de tortue sur le dos surmontée d’épines, des écailles de crocodile, mais aussi une tête humaine, un peu mixée avec celle d’un lion. Une bouche qui fend son visage d’une oreille à l’autre avec une rangée interminable de dents, une queue qui se termine par un aiguillon voire plusieurs. Et en plus de tout ça, la bestiole aime particulièrement boulotter  les humains. Ca ne vous rappelle rien ? Ouais, ça ressemble quand même pas mal à la description de la manticore. Quand on sait qu’en plus, des mythes païens semblables à la tarasque se retrouvent tout le long de la méditerranée et que, des fois , les récits disent que la tarasque aurait voyagé depuis l’Asie jusqu’à se retrouver dans le Rhône, c’est quand même à se demander si la tarasque ne serait pas en fait une variante de la manticore.

 

 Notes explicatives

 [Auteur 1]En général

 [Auteur 2]Viennent de

 [Auteur 3]Périr = mourir

 [Auteur 4]écrite

 [Auteur 5]Sans protester, sans réagir

 [Auteur 6]Cérémonies qui ne sont pas chrétiennes

 [Auteur 7]Sur l’eau

 [Auteur 8]demander

 [Auteur 9]arrosé

 [Auteur 10]ordonné

 [Auteur 11]Sentiment négatif qui dure dans le temps

 [Auteur 12]tuée

 [Auteur 13]parmi

 [Auteur 14]Volontairement, de façon consciente

 [Auteur 15]Manger (familier)

Séquence

Production orale ou écrite

Durée: 40 minutes environ

Séquence optionnelle

Chaque binôme ou mini-groupe (constitué d'étudiants d'un même pays) prépare la présentation d’une légende de son pays, monstre ou figure mythologique, et en fera l’exposé devant la classe.