Nicolas Sarkozy est donc le nouveau président de la République française. Il a maintenant deux semaines pour former son gouvernement et commencer effectivement son mandat de cinq ans. Avant lui, quelques présidents se sont illustrés, bien malgré eux, par leurs frasques ou les hasards de la politique. Retour en arrière sur trois d'entre eux ...
Le président tombé du train
Sous la IIIème République, Paul Deschanel devient président pour quelques mois à peine, de février à septembre 1920. Certes, à cette époque, le président de la République n’a pas du tout la même stature que l’actuel, mais sa démission marque tout de même l’histoire de la République. Cette décision, il se l’impose presque seul, par un comportement original qui déroute. Le 23 mai 1920, le président voyage en train. Victime de vertiges et de somnambulisme, il se penche à la fenêtre et tombe du train. A cette époque, l’image des hommes publics est peu diffusée et l’employé des chemins de fer qui le récupère, en pyjama et ensanglanté, aura bien du mal à croire cet homme qui se présente comme le président de France. La légende populaire raconte que la femme du chef de gare, qui le soigne, aurait déclaré : "J'avais bien vu que c'était un monsieur : il avait les pieds propres ! ". Il faudra plusieurs heures au personnel présidentiel pour se rendre compte que le président a disparu.
L’anecdote fait rire la France mais nuit à la crédibilité du chef de l’Etat : on le soupçonne de troubles mentaux et sa capacité à gouverner et remise en question. Quelques semaines plus tard, le président est surpris en pleine nuit en train de se baigner dans un bassin du parc du château de Rambouillet.
Le président par intérim
Candidat malheureux à la présidence, le sénateur Alain Poher exercera pourtant deux fois la fonction suprême. Mieux, deux fois il sera Président sans être élu. Car la Constitution prévoit que le président du Sénat exerce l’intérim en cas d’absence, d’incapacité ou de décès du président. En 1969, Alain Poher remplace le général de Gaulle, qui vient de démissionner. L’occasion lui donne des idées et il se présente aux élections qui suivent, mais il est battu par Georges Pompidou. Cinq ans plus tard, il remplace ce même Georges Pompidou, décédé au cours de son mandat.

La belle mort du président charmeur
Félix Faure, président de 1895 à 1899, est peut-être le seul président à être plus connu pour les circonstances de sa mort que pour son action. Le 16 février 1899, le Président appelle Marguerite Steinheil, sa maîtresse depuis deux ans, à venir le rejoindre à l’Elysée. Quelques minutes plus tard, les employés du Palais découvrent un président agonisant et sa maîtresse qui se rhabille à la hâte. Là encore, la légende publique déforme la réalité, en racontant que le président est mort dans les bras de sa maîtresse, alors qu’il décèdera quelques heures plus tard. Une autre anecdote rapporte que, quand le curé demanda si le président avait encore sa "connaissance" (s'il était encore conscient), un employé lui répondit "non, Monsieur le curé, on l'a fait sortir par la petite porte."
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