Toujours  
 


Charles Aznavour est de ces artistes qui, depuis des décennies déjà, représentent la France à l'étranger. Avec un millier de chansons, plus de 100 000 disques vendus et une soixantaine de films à son actif comme comédien, il est depuis longtemps une icône. On lui doit le rayonnement international d’une certaine chanson française, celle des monstres sacrés tels Maurice Chevalier, Edith Piaf, Yves Montant ou Jacques Brel.
Avec Georges Moustaki, il est le dernier à pouvoir s’enorgueillir d’avoir été découvert par Edith Piaf et avoir collaboré avec elle.

thumbnailcarg1d6h_300La chanson chez Aznavour, pourrait-on dire, jouit d’un label AOC (Appellation d'Origine Contrôlée). Elle est unique, bien reconnaissable: à la fois simple, mélancolique et swinguante.  Fidèle tant dans la forme qu’elle prend que dans la manière dont elle est interprétée par l'une des plus belles voix de la planète.


Ces caractéristiques propres n'en font cependant  pas des chansons qui sentent la naphtaline.
Chez Aznavour qui incarne si bien la diversité culturelle de par ses origines, son parcours artistique et ses choix de vie, l’œuvre est restée attentive au monde et aux influences diverses.


Le voilà en 1999 en duo avec le Cubain Compay Segundo, membre éminent du Buena Vista social Club interprétant Morir de amor, traduction espagnole de son célèbre Mourir d'aimer. Le voici plus près de nous s’essayant au slam avec un minot : Grand Corps Malade qui n’en revient pas lorsque le grand Charles accepte de chanter avec lui Tu es donc j'apprends dans son troisième album. Le revoici encore le 31 mai 2011, intervenant, à l’appel de Jane Birkin, avec d’autres artistes français pour venir en aide au Japon après le terrible séisme.


Dans Toujours, fidèle à cette ouverture d’esprit qui le caractérise, le voici en duo avec le jeune Thomas Dutronc célébrant (bien évidemment) la femme dans Elle, une belle chanson au rythme entraînant.
L'amour est, comme toujours chez Aznavour, célébré dans tout l'album. Il apparaît revêtu de la mélancolie qui lui est chère et lui va si bien : Va ; Tu ne m'aimes plus ; ainsi que dans le superbe Les jours. On le retrouve chargé de l’élan de la passion : Viens m’emporter ou encore charnel : Que j’aime ça. Le sentiment amoureux est également présent lorsque, témoin des soubresauts d’un siècle qui fut le sien, Aznavour se met en scène pendant les événements de mai 68 : Ce printemps-là [Ce printemps-là, t’en souviens-tu ? Les jeunes étaient descendus dans la rue. Ils voulaient en découdre, mettre le feu aux poudres…]  ou qu’il relate ce que ce siècle fit de pire lorsque les tueries devinrent des génocides : J’ai connu [J’ai connu la tonte, les membres brisés. J’ai connu la honte de ma nudité. J’ai connu les vagues des hordes en pleurs. J’ai connu la schlague. J’ai connu la peur …].


Une mention spéciale à L’instinct du chasseur pour l’humour et la capacité à l’autodérision dont ce grand amoureux de la gente féminine fait preuve : il met en scène l’un de ses congénères arrivé, tout comme lui, à un âge avancé sans avoir perdu cet instinct propre aux grands séducteurs.


Des mots simples, enveloppés dans de belles mélodies, empruntées ici surtout au jazz, mais aussi à la musique yiddish et au flamenco, sont la marque de fabrique (l'AOC !) de Charles Aznavour. Vous éprouverez un réel plaisir à écouter Toujours et à retrouver l’un de nos plus grands artistes qui, en 1998, reçut le titre d' « Artiste de variétés du siècle » décerné par CNN et les lecteurs de Times Online.


Après un passage de quatre jours à l'Olympia, la mythique salle parisienne, Charles Aznavour entamera dès le 8 septembre 2011, une tournée comportant 31 étapes à travers toute la France, avant de se produire à nouveau hors de l'Hegagone. Il sera dans notre région le 16 novembre au Nikaïa de Nice, puis les 17 et 18 au Dôme de Marseille.



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© Alexandre Garcia – Centre International d’Antibes