Ecoute s'il pleut  
 



L'Ardéchoise Mélanie Coulet (Melissmell) fait partie de ces jeunes qui, comme Isabelle Geoffroy originaire de Tours (Zaz), ont quelque chose à dire et le font savoir en optant pour une démarche tout en détermination.
A la première écoute, on est convaincu que le talent est là, que l’osmose entre voix, mélodie et paroles prouve que cette nouvelle venue n’entend pas faire de la figuration mais devenir un élément important de la nouvelle scène française.


Les chanteurs français sont souvent fidèles à une transmission, à des filiations. Melissmell en est. Son univers poétique, sa façon parfois de clamer des textes, sa voix profonde et sensuelle, son regard critique sur le monde, son sérieux et son absence de superficialité, son penchant pour le rock en feraient la petite-fille de Léo Ferré, la fille de la grande Catherine Ribeiro de Frères humains et la nièce de la rockeuse Mama Bea.


Aux armes est l’hymne, façon Marseillaise, qui ouvre l’album pour crier, d’entrée, une révolte et des convictions, suivi de Je me souviens sur un autre rythme empreint de nostalgie et de force contenue où  Mellissmell nous emporte sur une musique qui va crescendo.
Sobre la muerte s’engouffre avec la puissance du rock révolté que la voix éraillée de Melissmell épouse parfaitement. La chanson qui donne le titre à l’album, Ecoute s'il pleut, change totalement de registre. La voix de Melissmell s'apaise et se fait romantique alors qu’avec Le Mouton, elle devient mutine et nous régale avec cette petite ballade entraînante qui fait tintinnabuler la langue française : [je passe mon temps de mon printemps, Mamy me disait "faut prendre son temps, les choses t'arrivent à point nommé quand on saurait attendre l'aimé"].
Retour à la chanson romantique avec Viens, Melissmell nous y régale d'un très beau texte pour une chanson d'amour très bien mise en valeur par sa voix.
Tout l’album s’écoute avec la délectation de celui qui n’en croit pas ses oreilles découvrant une première œuvre totalement aboutie où Melissmell enchaîne les chansons en nous prenant à chaque fois par surprise. Son album oscille entre des moments résolument rock et forts grâce à la voix écorchée, puissante : Le silence de l’agneau ; Sens ma fatigue où sa filiation avec Mama Béa se fait évidente, et des moments intimistes qui nous donnent la chair de poule : Plutôt rêver ou encore, des chansons aux textes lucides sur la France telle qu'elle va : la déjà citée Aux armes ou Les enfants de la crise , texte qui, par hasard ramène à notre édito de ce mois-ci : [A l'horizon l'humeur est grise, et le ciel est toujours bouché, je suis une enfant de la crise, j'ai fait mes armes à ses côtés]
Le tout bénéficie d'une orchestration ambitieuse, aussi diverse que les textes que la voix de Mellismell sert avec bonheur.


Une vraie, grande chanteuse est née, à découvrir et à faire connaître autour de vous.



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Voir Melissmell et ses musiciens qui interprètent Le Mouton cliquez ici


Écouter la chanson Les enfants de la crise



© Alexandre Garcia
– Centre International d’Antibes