Une vie de chat  
 

 


Dès les premières scènes, sur une musique de Jazz et au rythme de la voix de Billie Holiday, nous découvrons un Paris imaginaire et magnifique, qui devient, au gré des images et de l'éclairage, un personnage à lui seul, à la fois angoissant et merveilleux. Dans cette atmosphère contrastée, nous découvrons Dino, un chat espiègle qui taquine le chien des voisins, ramène des lézards à sa jeune amie Zoé, petite fille cloîtrée dans un mutisme terrible depuis la mort de son père. Jeanne, la mère de Zoé, commissaire de police, débordée par son travail, engage une nounou dont le jeu trouble est à découvrir. Jeanne est partagée entre son désir de consoler sa fille et celui de retrouver l’assassin de son mari, un truand notoire Victor Costa. Ce personnage vil, aussi gras que méchant, tente de récupérer une statuette géante à la valeur inestimable : le colosse de Nairobi. 

Dès que la nuit tombe, Dino suit de près Nico, un voleur habile, sorte d’Arsène Lupin moderne. Lors de ces escapades nocturnes, nous vivons des poursuites époustouflantes sur les toits de Paris, des combats fantastiques entre les gargouilles de Notre-Dame de Paris où les jeux d'ombres sont d'une intensité remarquable.
lenfant_au_grelot_173Ce film jongle avec des séquences intimistes, tendres, tout en osant des scènes redoutables en extérieur ; réalisées avec une subtile ingéniosité graphique qui nous ramène aux couleurs de Matisse et aux visages de Modigliani. Les dialogues sont très bien rythmés et l'humour y foisonne, notamment entre les personnages de gangsters de la bande de Costa. Et ce ne pourrait être autrement car l'auteur en est  Jacques Rémy Girerd qui fut à l'origine du premier coup d'éclat de Folimage avec L'enfant au grelot. On sent l'influence de Michel Audiard dont Alain Gagnol aime particulièrement le style. Par ailleurs, le choix musical, grâce au compositeur Serge Besset, est en parfaite hamonie avec les images.



affiche_chat_213Une vie de chat participe de cette French touch qui a fait de l'animation française la troisième au monde derrière les studios américains et japonais.
La particularité de ce film est qu'il ose aborder des thèmes peu fréquents dans l'univers français de l'animation aussi délicats que la mort, le chagrin et la dépression qui en résultent chez une enfant et sa famille. Cependant, le ton du film, le choix des couleurs et de lumière n'ont rien de sombre, de pesant ou de larmoyant. C’est toute la force de cette animation intense qui ne tombe jamais dans le mélo ou le déjà-vu et sait raviver la flamme du rire en une séquence, même dans les moments les plus tragiques.


Le casting des voix contribue à la tension dramatique autant qu’à la légèreté de ce film, opposant avec finesse les caractères des personnages. La douceur et la gravité de Dominique Blanc qui double Jeanne, contraste parfaitement avec la voix sournoise et terrible de Jean Benguigui incarnant le truand une_vie_de_chat_167Victor Costa. Notons la voix inoubliable, sombre et cruelle, de Bernadette Lafont, la nounou excentrique et trouble, qui rappelle ces voix de gouaille d'un vieux Paris, et qui s'oppose à la voix douce et rassurante de Bruno Salomone, Nico.

En parlant de la vie, de la mort, de la violence urbaine et de la justice, en saisissant des émotions fortes, joyeuses et tristes, sur un ton émouvant et original, Une vie de chat s’adresse à tous, jeunes et adultes. Laissez-vous séduire à la fois par ce chat qui a plus d’un tour de griffes et par la beauté d’un Paris nocturne.
Si vous rêvez d'une balade dans le « Paris by night », osez alors une escapade inoubliable en suivant les aventures d’Une vie de chat.


Note : Les enseignants qui voudraient le dossier pédagogique complet sur le film, sa fabrication, les effets sonores, les voix, la création graphique peuvent le commander sur la boutique du site de Folimage.



© Muriel NAVARRO -  Centre International d'Antibes