En marge du célèbre festival qui annonce l’été, concilier temps libre et temps utile.  
 

 


Chez nous, l’hiver 2009-2010 aura été plus rigoureux que d’habitude. Néanmoins, il aura fait, comme chaque année, des heureux : tout d’abord, forcément, les amateurs de ski, mais aussi tous ceux qui, depuis le littoral ne cessent de se dire : « Que la Côte d’Azur est belle en hiver ! » et de s’émerveiller à la vue d’une chaîne de montagnes immaculées se détachant sur un ciel azur et surplombant une mer d’un bleu profond.


antibes_300_300 Le signal de la fin de l’hiver vient d’être donné. La  douzaine de stations de ski des Alpes-Maritimes à peine fermées, voici venu le temps d’ouvrir les parasols.
C’est toute la Côte d’Azur qui range raquettes, skis et luges. Jusqu’à la fin septembre, matelas et sacs de plage vont, à leur tour, être de sortie.


En avril, ne te découvre pas d’un fil ! Au mois de mai, fait ce qu’il te plaît ! Ces deux adages marquent le rythme de nos saisons.
Chez nous, ce passage à « l’heure d’été », est donné par le Festival de Cannes - avec le soutien du Grand Prix de Monaco de F1 - qui, immuablement, depuis plus de 60 ans, insuffle un air estival dès la mi-avril, avec ses préparatifs, ses indiscrétions, ses effets d’annonce et… la réouverture de ses plages.


 


cannes-post_267Ce n’est pas anodin que le Festival international du film de Cannes, la plus importante manifestation culturelle internationale de l’immédiat après-guerre, ait choisi, à compter de 1952, de se tenir au mois de mai, le mois des terrasses ensoleillées et des vêtements légers.


Car, si Côte d'Azur rime avec été, l'été en France est aussi culturel. Il n’est pas entièrement livré à la détente, aux activités sportives et ludiques. Il doit s’accompagner d’une certaine nourriture culturelle de l’esprit. Ceci est bien en phase avec les valeurs et la volonté d’hommes comme André Malraux ou Léo Lagrange qui proclamait, dès les années trente que la démocratie, l’éducation et la culture étaient indissociables et que « Les loisirs culturels devaient convertir le temps libre en temps utile, au service du progrès social ».


Les longues vacances d’été sont le moment où cette volonté, de marier les deux temps, se vérifie, et le concept du temps libre utile n’est en rien étranger à la vague des festivals et autres manifestations culturelles qui se tiennent de juin à août (1).


L’engouement pour les Cahiers de vacances mis en vente par tous les éditeurs scolaires, dès la fin mai, témoigne également de cette même recherche du compromis. Leur concept cherche à se différencier du manuel scolaire classique. Afin de faciliter l’adhésion des enfants et adolescents, ils sont davantage sympathiques, gais et ludiques. Cependant, ils rejoignent le manuel par leurs objectifs pédagogiques au service d’un enseignement, d’un soutien scolaire, sérieux.


 


Au Centre International d’Antibes, nous nous trouvons au cœur de cette préoccupation culturelle si bien ancrée en France et qui se révèle être largement partagée dans beaucoup d’autres pays, au vu du nombre important d’étudiants qui, en été, échappent au «Tout plage» et suivent nos cours de français.


Notre manière de maintenir l’équilibre entre détente, repos et apport intellectuel passe par notre devise :  « Être à l’école, ce que les Cahiers de vacances sont  aux manuels scolaires» . Proposer, par conséquent, un enseignement spontanément gai, ludique, sympathique, tout en préservant le sérieux et la rigueur qui lui sont propres.


C'est notre modeste contribution au concept de temps libre utile.



Petit quiz sur le Festival de Cannes


(1) Le mois prochain: Regard sur la Côte d’Azur culturelle de l’été 2010.



 


© Alexandre Garcia – Centre International d’Antibes