Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?  
 

qu-est-ce-qu-on-a-fait-au-bon-dieu-affiche-52e13866da5d1_652Le réalisateur explique que l’idée lui est venue en découvrant qu’environ 20 % des unions qui ont lieu en France se font entre individus d’origines et de confessions différentes. Chez nos voisins européens, le chiffre tournerait plutôt autour de 3%.


L’histoire de ce couple catholique, gaulliste, bon chic bon genre qui voit ses filles épouser des hommes issus de l’immigration offre un scénario attendu mais efficace. Il permet de s’amuser des travers d’une France repliée sur elle-même, conservatrice et d’une autre époque.


Mais le scénario est aussi l’occasion pour Philippe de Chauveron et son co-scénariste Guy Laurent de s’attaquer à tous par un jeu d’oppositions sans cesse renouvelé. Dans un souci démocratique, tout le monde en prend pour son grade, tous les clichés et stéréotypes (parfois vus et revus) sont exploités mais jamais vérifiés.


Il y a tellement de personnages que toutes les alternances et les oppositions sont possibles : jeunes / vieux, famille / pièces rapportées, homme / femme, losers / winners, etc.


Cela permet au récit d’avancer. A force de jongler d’un personnage à un autre, d’un groupe à un autre, l’histoire suit son cours : on se dispute, réveillonne, se marie, se réconcilie, s’apprécie, peut-être même qu’on finit par se respecter.


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Le choix des acteurs est judicieux, plusieurs générations de comiques sont représentées. Philippe De Chauveron a cherché une palette de comédiens qui n'étaient pas encore très connus du public pour faire face à Christian Clavier, issu de la troupe du Splendid (Les Bronzés, Le Père Noël est une ordure...) et Chantal Lauby, des Nuls (La Cité de la peur). On trouve notamment Frédéric Chau (découvert dans le Jamel Comedie Club),  Frédérique Bel (chroniqueuse de la minute blonde sur Canal +) ou Ary Abittan (Coco, Nos années pensions, Hôtel Normandy, etc.)


Le film doit beaucoup à la prestation du couple vedette Clavier / Lauby. Ils mènent la danse de mains de maîtres. Clavier ruisselant de mesquinerie et d’aigreur, joue de tout y compris de lui-même. Ce sens de l’auto-dérision lui permet de jouer avec son corps de sexagénaire, notamment dans les scènes en pyjama ou en caleçon. Il trouve un comparse dans la personne de Pascal N’Zonzi, qui interprète le père du quatrième gendre. Ces deux personnages, tout aussi aigris que racistes, permettent au film de rebondir.


De son côté Chantal Lauby est rayonnante. Avec Clavier, ils portent le film : ils s’amusent, nous amusent, font plaisir à voir et nous entraînent dans leurs jeux.


Certains critiques voient dans le film un moyen de dénoncer les propos racistes, une campagne pour le respect des différences, d’autres, au contraire, pensent qu’il prône une intégration choisie.


Et pourquoi ne pas y voir une comédie, un film léger qui exploite la bêtise de certains, sans discrimination, et qui permet de passer un bon moment ?


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© Fanny Tournaire
– Centre International d’Antibes