Feutres et pastels  
 

Avec ce 13e album  Feutres et pastels, l’artiste québécoise nous offre des compositions hautes en couleur ; rien n’est tout blanc ou tout noir mais chaque expérience de la vie et chaque émotion est nuancée : des couleurs sombres pour la tristesse, la douleur et des 2013-11-21-02-17-47-lynda_lemay_feutres_et_pastels_960teintes plus vives pour les instants de joie et d’allégresse. La jaquette de son album donne le ton, avec ses variations de couleurs qui nous font voyager à travers les divers tableaux du quotidien, avec des thèmes tout aussi profonds que singuliers.


En effet, la Québécoise a bâti sa carrière avec des « textes-histoires » qui traitent des grands maux de la société : que ce soit la xénophobie ou encore l’homoparentalité avec son titre Les deux hommes mais aussi des thèmes plus légers et bourrés d’humour sur les relations franco-canadiennes, Les maudits Français ou encore Gros Colon.


Dans ce nouvel opus, l’artiste québécoise exploite d’autres sujets sur l’amour maternel avec Quand j’étais p’tit gars et également avec beaucoup de dérision, J’fais mon âge un peu trop bien qui parle des effets du temps sur le corps d’une femme.


Un très bel album qui met encore plus en évidence ses  talents d’interprète mais aussi de musicienne, avec des orchestrations originales et rythmées, toujours avec sa guitare. Une fois n’est pas coutume, pour cet album, elle s’est laissé prendre au jeu d’interpréter un texte qu’elle n’a pas écrit, elle qui avoue être une lynda-lemay-nouv_474auteure acharnée puisque qu’elle dispose d’une grande quantité de textes en réserve dans ses tiroirs.


Pour nous donner envie d’écouter son album, elle déclare dans un quotidien canadien : Je me suis beaucoup amusée. Je me considère avant tout comme une raconteuse d'histoires. Par exemple, avec le morceau « Les petits et les grands », je me moque tendrement de la taille des gens tout en allant chercher une certaine sensibilité afin d'émouvoir les gens.


Une phrase qui en dit long pour celle qui sait chanter la tristesse comme l’amour et les beautés du monde, un album tout en « Feutres et Pastels », du rire aux larmes, du blanc au noir, du tendre à la souffrance.


 


© Fanny Deloche – Centre international d’Antibes