Casse-tête chinois  
 

Dès les premières images du film, on sent le rythme intense de l’histoire de Xavier, à New York, avec ses deux enfants, courant ses affiche_casse_tete_chinois_600_01valises à la main. Quitté par son ex-femme Wendy qui part vivre à New York avec son nouveau compagnon, il décide de suivre ses enfants. Il a 40 ans tout comme ses amiesphoto_4_casse_tete_600 fidèles Isabelle, toujours dans la finance et qui l’accueille à son arrivée, et Martine, son premier amour de 20 ans, qui travaille dans le marché du bio.


Ils ont évolué, marqués par les blessures et les bonheurs. Chaque comédien incarne d’ailleurs parfaitement cette maturité. Le choix de certaines caricatures est à prendre au deuxième degré, notamment le personnage d’Isabelle, lesbienne reflétant l’aspect macho que n’a pas du tout Xavier. Pourtant, il deviendra le père biologique de l’enfant qu’elle a avec sa compagne sino-américaine.


Plongé dans un nouveau roman intitulé Casse-tête chinois, il utilise les méandres de sa vie pour alimenter son inspiration. Avec son éditeur, interprété par Dominique Besnehard, les échanges sur skype sont aussi drôles que les visites imaginaires d’Hegel et de Schopenhauer (cela nous rappelle le personnage d’Erasmus dans l’Auberge espagnole, le premier film de cette trilogie), autant de commentaires humoristiques sur l’enjeu, entre autres, du bonheur et d’un happy end.  Martine, en visite à New York pour une réunion avec des clients asiatiques, va réinventer avec Xavier une autre relation. La scène où il l’accompagne à une xavier-aux-prises-avec-un-casse-tete-chinois_1000conférence d’affaires et qu’il découvre qu’elle parle chinois, est un véritable délice linguistique et phonétique.


Se démenant de toutes ses forces pour obtenir un visa permanent, notre héros va connaître diverses aventures, autant cocasses que touchantes, ce qui lui permettra de photo_2_casse_tete_640_01se lier d’amitié avec une Chinoise qui deviendra une précieuse alliée. Les scènes de rencontre avec l’officier de l’immigration en charge des mariages jonglent avec réalisme, absurdité et burlesque. Quelle femme pourrait donc désormais convenir à Xavier ? Sans doute « un mélange des trois », comme le souligne Wendy, lors de la séquence dans le métro aux côtés d’Isabelle et de Martine.


Cedric Klapish déroule sa « broderie », évoquée par Hegel, mêlant les styles, les thèmes (le mariage blanc, la procréation assistée, la famille recomposée, l’adultère et la crise de la quarantaine …) façonnant ainsi sa comédie, sans oublier son sens aigu du décalage grâce aux réflexions des personnages et à la distanciation évidente de certaines séquences. La cadence est tenue par des scènes qui s’enchaînent entre présent et flash-back, alimentée par des montages et des collages bien caractéristiques de la griffe du réalisateur. Les moments en famille traduisent avec pudeur et drôlerie les émotions des protagonistes.


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Cette comédie légère clôture avec brio, sans artifice, cette étonnante et rafraîchissante trilogie.


Bande-annonce du film


Interview de klapisch et des acteurs


 


©Muriel NAVARRO - Centre International d’Antibes