Recto Verso  
 

ZAZ fait ce qu’elle veut


Dès le départ, avec Comme ci, comme ça, la deuxième chanson de Recto Verso, ZAZ  réaffirme son intention de  mener sa vie comme elle l’entend, malgré la pression sociale qui rappelle la lutte contre ce fameux « Qu’en dira-t-on » qui inspira tant de belles chansons à Georges Brassens : [On veut faire de moi ce que je ne suis pas / Mais je poursuis ma  route, j’me perdrai pas / C’est comme ça / Je suis comme ci et ça me va / vous ne me changerez pas / Je suis comme ça / et c’est tant pis]. Bien sûr, placée en tout début d’album, zaz-recto-verso_640cette chanson fait écho au célébrissime tube Je veux, sorti il y a tout juste trois ans.


ZAZ s’intéresse au monde


L’autre ZAZ, la bourlingueuse, celle qui se trouve rapidement  à l’étroit et cherche constamment des horizons nouveaux,  se révèle dans On ira [On ira / Ecouter Harlem au coin de Manhattan / On ira / Rougir le thé dans les souks à Amman / On ira / Nager dans le lit du fleuve Sénégal (…) On lèvera / Nos yeux sur le plafond de la chapelle Sixtine / Et on lèvera nos verres dans le café Pouchkine]. ZAZ se nourrit de voyages et, dans le refrain de cette chanson,  crie bien fort la joie que lui procurent ces belles rencontres interculturelles [Oh ! Quelle est belle notre chance / Aux mille couleurs de l’être humain / mélangées de nos différences / A la croisée de nos destins].  On retrouve ce même état d’esprit dans La lessive [Je gravis la montagne, comme je gravis ma vie / Tous ces regards croisés, si je les ai compris / J’ai pourtant vu mille fois, et je suis encore surprise de la beauté des êtres qui m’ont fait lâcher prise]. Dans T’attends quoi c’est la ZAZ consciente des menaces qui pèsent sur notre planète qui s’exprime notamment dans le refrain [T’attends quoi ? / Que la terre nous gronde ? / Que le soleil ne fonde ? / Et qu’on enfouisse le monde ? Dis-moi, dis-moi on attend quoi ?] Et ZAZ d’expliquer  dans Toujours pourquoi la préservation de la nature lui tient tant à cœur [J’s’rai toujours la môme des fougères /  La gamine qui joue dans la terre / La petite fille aux papillons / Qui s’pique aux pics des hérissons]


ZAZ nous parle d’amour


ZAZ s’insère dans une tradition bien française avec des chansons qui, souvent, fleurent bon le pavé parisien d’autrefois, là où les chansons naissaient avant de se répandre partout, au gré du bouche à oreille qui les portaient. Chansons sociales, réalistes comme celles déjà citées,  mais aussi et surtout chansons qui racontaient des relations amoureuses merveilleuses ou plus ou moins conflictuelles. Ici, nous sommes servis avec Gamine, chanson où la mélodie délicieusement pop contraste avec des paroles moins douces [Je pourrais t’attraper comme ça / et d’un coup t’arracher les yeux / si tu ne me regardais pas / Avec la joie d’être amoureux] ou bien avec Cette journée [Et si les années sont passées / Sur ton visage et ton sourire / Si j’ai bien souvent repensé / A ton odeur et tes soupirs / A me 81nxjyynwll.__1500redemander pourquoi / Si je ne sais plus qui j’étais / Avant que ce soit toi et moi / Pour quelques heures à tout jamais] ou encore la reprise de Oublie Loulou , chanson du grand Charles Aznavour qui témoigne de la filiation que revendique ZAZ  avec la grande chanson populaire de naguère, celle d’Aznavour ou de Piaf qu’elle admire [J’étais amoureux fou / D’une demoiselle Loulou / C’était une obsession / J’en perdais la raison / Je n’avais plus d’appétit / Je ne dormais plus la nuit]


Car la môme ZAZ compte désormais dans le paysage artistique français. Découverte et soutenue il y a trois ans par Raphaël, elle peut à présent demander une contribution à Charles Aznavour, Grand Corps Malade ou Jean-Jacques Goldmann (Si).


Le résultat est assez remarquable. Recto Verso est parmi ce qui se fait de mieux dans la chanson française actuelle. Il séduit par des textes intelligents et ses mélodies entraînantes, souvent délicates qui servent à merveille la voix de ZAZ.


 


© Alexandre Garcia – Centre International d’Antibes


 


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