Quelques nouveautés de la rentrée scolaire 2012  
 

 


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La première mesure du nouveau gouvernement aura cependant concerné les familles puisque l’allocation de rentrée scolaire, l’aide financière accordée aux parents - dont les revenus ne dépassent pas un certain plafond de ressources en fonction du nombre d’enfants - est passée à 356,20€ (contre 284,97€ en 2011) pour un enfant en primaire, à 375,85€ (300,66€) pour un collégien et à 388,87€ (311,11€) pour un lycéen.


 


 


D’une politique de suppressions de postes à une politique de recrutements


La rentrée 2012 ouvre une année scolaire particulière puisqu’à sa préparation se seront penchés deux gouvernements aux politiques diamétralement opposées. Aux mesures mises en place par Luc Chatel, ministre de l’éducation du gouvernement de Nicolas  Sarkozy, répondent les premières décisions du nouveau ministre, Vincent Peillon, chargé de mettre en oeuvre les changements voulus par François Hollande qui entend faire de l’Education, l’une des priorités de son quinquennat.


D’un côté, les dernières suppressions annoncées : 14 000 postes d’enseignants faisant partie des 80 000 disparitions programmées entre 2007 et 2012. D’un autre, les premiers recrutements : 1280 postes d’enseignant des 60.000 postes de personnels que François Hollande a prévu de créer dans l'Education au cours de son mandat.


Avec cinq enseignants pour 100 élèves, La France arrive dernière des 34 pays de l'OCDE, pour le taux d'encadrement dans les écoles primaires. Le maillon de l’Education nationale, sur lequel portera les premiers efforts est donc celui de l’école primaire chargée de lutter contre l’échec scolaire et d’améliorer des statistiques qui ne plaident pas en sa faveur : seuls 60% des enfants qui arrivent au collège savent bien lire et compter. C’est donc à l’école que sont destinés les premiers 1000 postes créés en urgence, les 280 autres concernant le secondaire.


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Mais où sont passés les candidats au recrutement ?


Le métier d’enseignant n'est plus ce qu'il était et n’attire plus. La crise de vocation se traduit par un déficit de candidats aux concours de professeurs. Cette année, 750 postes n’ont pas été pourvus par manque de volontaires. Plusieurs explications  peuvent être avancées :


Citons en premier lieu, le grand chambardement de la formation des enseignants qu’a constitué la réforme dite de « la mastérisation » mise en place à la rentrée 2010. Avec elle, les cursus  au sein des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres), centres spécialisés dans cette formation,  ont laissé place à une formation au sein de l’université où les candidats sont censés décrocher leur deuxième année de Master (M2). Les candidats doivent ainsi financer non plus 3 années mais 5 années d’études supérieures pour prétendre se présenter au concours de professeurs du secondaire ou à celui de professeur des écoles primaires4. La mastérisation a été source de mécontentement pour la réforme de la formation pratique des jeunes enseignants qu’elle a entraînée. L’année de formation en alternance des nouveaux enseignants afin de les préparer à leur nouveau métier a disparu. Ils sont désormais affectés directement et à temps complet. Après son succès au CAPES, un enseignant débutant se retrouve d’emblée devant des classes avec un emploi du temps de 18 heures de cours. Ceci s’est traduit par la suppression de 9500 postes et une économie pour l’Etat de 370 millions d’euros5.6a00d83455fc2b69e20133f15ce995970b_584


Mais les réticences au moment de choisir le métier d’enseignant trouvent d’autres causes. Outre la réforme de la mastérisation, signalons également le frein que constitue depuis longtemps la double crainte pour tout jeune enseignant : être envoyé par l’administration, loin de chez lui, dans n’importe quelle région de France, et se retrouver face au public difficile d’une ZEP6.


Cette crise des vocations s’explique encore par d’autres facteurs relatifs à l’évolution même de notre société qui donne aujourd'hui une image assez dévalorisée de l’enseignant par rapport à ce qu’elle fut jusque dans les années 1970 ; des conditions de travail difficiles du fait même de la contestation de son autorité - y compris par les parents - la remise en cause du savoir qu’il est chargé de transmettre et du rapport maître/élève ; la mission de socialisation des nouvelles générations que l’institution scolaire est souvent trop seule à mener ; des salaires qui, au regard des tâches et inconvénients cités, ne sont plus jugés à la hauteur …


Pour lutter contre cette crise du recrutement, le nouveau gouvernement a décidé de proposer chaque année à 6000 étudiants en deuxième année d’études universitaires, une bourse mensuelle de 900€ jusqu’au terme de leur master contre l’engagement de se présenter alors à l’un des concours de l’Education nationale.


Si on parlait des rythmes scolaires ?


C'est le vieux serpent de mer qui surgit régulièrement quand on débat sur l'école. Parmi les nouveautés de cette rentrée, signalons les modifications apportées au calendrier scolaire, puisque les premières vacances en novembre, dites de la Toussaint, sont allongées et passent à deux semaines7. Les vacances d’été subissent un léger grignotage puisqu’elles commenceront à l’issue de la première semaine de juillet, le 6 au soir.
Par ailleurs, on parle de plus en plus du retour de la semaine de 5 jours de classe qui avait été abandonnée en 2010 au profit de celle de 4 jours.


Enfin, il est également question de raccourcir les vacances d’été et même de les inclure dans le zonage qui gouverne les vacances de février et de Pâques8.


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La question de l’éducation et des rythmes scolaires est épineuse et ne concerne pas que les personnels de l’Education nationale. On comprend pourquoi le ministre Vincent Peillon a préféré s’en remettre à une large concertation.

Le rapport qui lui sera remis cet automne permettra de préparer un projet de loi d’orientation et de programmation qui devrait être déposé à la fin du mois de novembre.


Affaire à suivre donc...



© Alexandre Garcia – Centre International d’Antibes






1. Au total, 6,7 millions d'écoliers, 3,3 millions de collégiens et 2,1 millions de lycéens, dans les établissements publics et privés.


2. Dont environ 850.000 professeurs.


3. 53 418 écoles - 7 046 collèges - 4 291 lycées, dont 1 630 lycées professionnels


4. Respectivement : le fameux CAPES pour les premiers ou le CRPE pour les seconds


5. En attendant de réorganiser complètement la formation initiale des enseignants débutants, leur charge de cours a été portée à 15 heures lors de cette rentrée 2012, afin qu'ils puissent retourner en formation une demi-journée par semaine.
La Cour des comptes dans un rapport paru en février 2012 contredit cette économie faite. Selon son étude, si des économies ont été réalisées, elles ont engendré d'autres coûts en particulier par l'allongement des études pour les nouveaux candidats au professorat.


6. Dans un  établissement d’un quartier sensible. 700 000  élèves sont scolarisés en ZEP (zone d’éducation prioritaire qui regroupe 20% des collèges). Le film La Classe tiré du roman Entre les murs de François Bégaudeau montre la réalité à laquelle est souvent confronté le jeune enseignant, mal préparé à un public que, lui même, n'a pas connu lorsqu'il était scolarisé.


7. Le calendrier de l’année scolaire obéit au  « rapport 7/2 » qui équivaut à sept semaines de cours et deux de vacances.


8. Les vacances de la Toussaint, celles de Noël et les grandes vacances d’été sont les mêmes pour l’ensemble de l’Hexagone. Le territoire national est découpé en trois zones, A,B et C pour celles de février et de Pâques : un roulement du calendrier impose à chaque zone de partir en première, deuxième ou troisième position.