La Source des femmes  
 

la_source_des_femmes_affiche-936554c16_827_01Un sentier difficile serpente à travers la montagne, des femmes le descendent tant bien que mal. Elles sont chargées. Elles portent de l’eau. Elles retournent "en bas", à leur village. Soudain l’une d’elles trébuche : comme bien souvent, la corvée d’eau finit mal. Mais cette fois, l’accident va avoir des répercussions inattendues pour la communauté.


Bientôt chacun devra prendre position en se plaçant soit du côté des femmes, soit du côté des hommes. Les unes refuseront désormais l’ascension jusqu’à la source : elles exigent que les hommes construisent une canalisation ou un puits qui leur épargne cette corvée périlleuse. Les autres ne comprendront pas cette rébellion soudaine qui rompt avec la charge séculaire, voire millénaire, qui incombe depuis toujours aux femmes.

Nous sommes de l’autre côté de la Méditerranée, vraisemblablement au Maghreb, mais le débat haut en couleur qui va enflammer la vallée tout comme le rôle attribué aux femmes fait irrésistiblement penser aux histoires rudes ou tendres racontées jadis par Marcel Pagnol.
Le conteur provençal les articulait autour de très beaux rôles féminins comme Manon (des sources), Fanny (de la trilogie marseillaise), Patricia (la fille du puisatier). Radu Mihaileanu le fait, lui, autour de la belle et indépendante Leïla (Leïla Bekhti). La jeune femme, étrangère au village, va devenir le porte-drapeau d’une lutte pour la justice.

Le seul homme qui prend fait et cause pour le combat qu’ont décidé de mener les femmes est aussi le plus libéral d’entre eux. C’est Sami (Saleh Bakri), le jeune instituteur.
Depuis son retour dans son village natal, il essaie de faire bouger les lignes, de transmettre une éducation qui n’emprisonne pas les garçons et les filles dans des coutumes ancestrales.


Leïla est l’épouse de Sami. Tous deux se sont rencontrés loin du village, il lui a appris à lire aussi bien le Coran que les Mille et une nuits. Tous deux partagent les mêmes valeurs.


Tradition contre modernité, la dialectique va s’emparer de toute la communauté, se répandre au-delà de la vallée jusqu’à devenir un enjeu politique. Car dans leur volonté de convaincre leurs hommes d’accepter d’amener l’eau jusqu’au village, les femmes auront finalement décidé d’avancer un argument aussi inédit que décisif : faire la grève de l’amour.


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La source des femmes est un film sensible qui s’inscrit dans l’actualité contribuant aux débats qui ont lieu aujourd’hui autour de la condition de la femme.


Un film éminemment pédagogique car intelligent, émouvant et drôle. Aux côtés de Leîla Bekhti on retrouve avec plaisir deux jeunes et pétillantes actrices françaises : Hafsia Herzi et Sabrina Ouazani associées à deux grandes dames du cinéma oriental: l’Israélienne d’origine palestinienne Hiam Abbass et l’Algérienne Biyouna.


Le film sorti en salles en novembre 2011 est disponible en DVD depuis le 22 mars.


Voir la bande-annonce ici


Voir le dossier pédagogique pédagogique sur le blog Zéro de Conduite, spécialisé dans l'actualité éducative du cinéma


 


© Alexandre Garcia – Centre International d’Antibes