Cinéma

DALIDA

Les films biographiques ont le vent en poupe. En 2016, nous avons ainsi pu plonger dans les vies de Cézanne et Zola, Cézanne et moi de Danièle Thompson, dans celle du commandant Cousteau, L’Odyssée de Jérôme Salle ou encore du clown Chocolat, Chocolat de Roshdy Zem. Mais c’est à Cloclo de Florent Siri sorti en 2012 que le film de Lisa Azuelos fait penser : tous deux présentent de véritables monstres sacrés de la chanson française. En effet, le 11 janvier dernier est sorti le long-métrage Dalida

de Lisa Azuelos - Film sorti le 11 janvier 2017
Février 2017

De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe n°1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l’Amoroso en 1974, le film Dalida est le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire... Une femme moderne à une époque qui l’était moins ... Malgré son suicide en 1987, Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle.

La réalisatrice (notamment 15 août, Comme t’y es belle, Une rencontre) a été consacrée en 2008, avec le film  LOL (Laughing Out Loud) qui dépasse alors les trois millions d’entrées. Lisa Azuelos réalise avec Dalida un biopic dur, où le paradis sur scène et l’amour du public contraste avec l’enfer de la vie sentimentale de la diva, magnifiquement porté par la voix et les chansons de Dalida en bande son.

Dalida 145898.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg Dans ce film, initié par Orlando, le frère et ayant-droit de Dalida, Lisa Azuelos fait le choix de tout montrer, l’enfance au Caire, le premier Olympia, les rencontres amoureuses, les mariages, le succès, mais aussi la détresse et la mort, les suicides  omniprésents. Seul peut-être le travail est un peu mis de côté, tout semble inné chez Dalida.

Une telle exhaustivité fait un peu peur. Difficile en effet d’imaginer la vie de la star, découpée, hachée et réduite à deux heures quatre minutes. Et puis Sveva Alviti, malgré sa ressemblance avec la diva, n’est pas Dalida.

Effectivement, le début du film est un peu hésitant, mais très vite le spectateur est happé et Sveva Alviti, mannequin italienne qui rêvait de cinéma, devient Dalida à l’écran. Le choix des acteurs en général est excellent, tous semblent à leur place.

Ce film est donc l’histoire tragique d’une femme à la fois portée et éblouie par les lumières de la rampe et le succès, une amoureuse tantôt dangereuse souvent chagrine et malheureuse. Le film présente des hommes parfois envieux, autoritaires ou destructeurs et leurs tentatives de récupération de sa carrière.

La vie de Iolanda Gigliotti, telle des montagnes russes, oscille entre grands amours et ruptures et est marquée par le suicide successif des hommes de sa vie : Lucien Morisse, directeur d’Europe 1, son premier mari (Jean-Paul Rouve) ; Luigi Tenco, un chanteur italien écorché (Alessandro Borghi) et Richard Chanfray, surnommé le comte de Saint-Germain (Nicolas Duvauchelle).  Seul Orlando (Riccardo Scamarcio), son frère, est là encore et toujours à ses côtés. On peut encore citer Bruno Coquatrix (Patrick Timsit) qui lui ouvre les portes de l’Olympia parmi les hommes qui ont compté dans la vie de Dalida.

Enfin, il est aussi question de la tentative de suicide de Dalida elle-même. Celle-ci ouvre le film et semble annoncer la fin tragique de la diva.

On redécouvre les chansons cultes de Dalida empreintes d’une émotion particulière, Ciao Amor Ciao, Il venait d’avoir 18 ans, Gigi l’amoroso, Besame mucho, Je suis malade, Paroles Paroles, Laissez moi danser, Pour ne pas vivre seul, Mourir sur scène et bien d’autres encore. Tantôt en bande son, tantôt chantées en play back sur scène par Sveva Alviti. À chaque fois émouvantes, elles retracent à elles seules la vie de Dalida.

Un beau film, entre mélo et tragédie, avec de grands moments de bonheur aussi, bref une fenêtre sur la vie de Dalida.

 

© Fanny Tournaire – Centre International d'Antibes

 

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