Ce mois-ci dans nos coups de cœur musique , nous vous proposons notre dossier spécial: « NOUS AIMONS LES FILS ET FILLES DE … », une selection de jeunes artistes français remarquables qui portent un nom de famille illustre mais qui ont su se démarquer à leur manière.
Percer dans le même domaine artistique que papa quand celui-ci est une star, voire un mythe, tient du miracle même si la route du succès paraît beaucoup plus accessible aux enfants de célébrités qu’aux autres. Mais le simple fait de porter un nom illustre peut en fait s’avérer un véritable handicap pour le rejeton qui souhaite sortir de l’ombre. Pourtant certains fils et filles de … ont réussi à se faire une place au soleil dans le monde artistique, ils le doivent plus à un talent personnel indéniable qu’au coup de pouce de la famille.
Thomas Dutronc

Thomas Dutronc est fils du chanteur et acteur Jacques Dutronc et de la non moins célèbre chanteuse Françoise Hardy, deux artistes de talent très en marge du star system. Très jeune , Thomas baigne dans un univers artistique et influencé par Django Reinhardt, il se passionne pour la guitare à l’âge de 18 ans. Lui aussi hérite du charme nonchalant de ses deux parents mais contrairement à Charlotte Gainsbourg, il commence par se produire sur scène avant de sortir son premier album solo en 2007 Comme un manouche sans guitare. Il
travaille d’abord son instrument de prédilection aux côtés de musiciens hors pairs de l’univers jazz manouche et se produit partout, dans des bars, des clubs , des bistrots (notamment au New Morning à Paris). Il collabore en même temps sur plusieurs projets musicaux dont un album de son père (Brèves rencontres en 1995) , sur Mademoiselle d’Henri Salvador en 2000, sur celui de Mathieu Chedid Qui de nous deux en 2003. Il compose des musiques de films dont celle de Toutes les filles sont folles de Pascale Pouzadoux (avec M) et participe à celle de l’excellent film d’animation Les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet. Il s’essaye au cinéma entretemps : Le Derrière de Valérie Lemercier en 1999 et Confessions d’un dragueur d'Alain Soral en 2001.
Mais c’est en musique et plus récemment dans la chanson que son talent sans prétention se dessine. Devenu excellent guitariste, il associe le swing manouche qu’il affectionne à des rythmes du Brésil ou d’ailleurs et trouve le ton juste pour ses compositions légères et pleines d’humour. Il profite de la tendance et se prend à surfer sur la vague de la nouvelle chanson française. Sa chanson J’aime plus Paris aux notes légères jazzy et blues, au ton pince-sans -rire assez critique, semble faire un clin d’œil à celle , célébrissime, de son père (Il est 5 heures…). Il est nommé en 2008 aux Victoires de la musique dans les catégories "Artiste révélation du public" et "Album de l'année". Son album Comme un manouche sans guitare devient disque d'or puis disque de platine le 14 juillet 2008. Depuis, Thomas parcourt la France (mais s’est aussi produit au Canada, en Suisse…) pour une tournée de concerts avec ses amis musiciens : les Esprits Manouches en passant par le Zénith de Paris en novembre 2009. Pour 2010 ? Thomas Dutronc fourmille d’idées et de projets ; probablement un nouvel album, ainsi qu’un projet en hommage à Django Reinhardt : "Manoir de mes rêves". En extrapolant un peu, nous pourrons sans doute le voir apparaître dans les futurs concerts de son père Jacques car Thomas a réussi à le convaincre de revenir sur scène en 2010.
© Dominique Vidal - Centre International d’Antibes

