FICHE PEDAGOGIQUE : Les blasons

 


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  • Type de support :Une fiche comportant quelques figures et meubles de l’héraldique (1), quelques pièces honorables de l’héraldique (2), un blason vierge (3) et un phylactère (4). Facultatif : à titre d'exemple : le blason du comté de Nice (0)
  • Niveau : A0+/A1
  • Source du document : Fascicules contenant des documents iconographiques pouvant servir à l’activité des apprenants : L’Héraldique, Le blason pour tous, Michel Froger, Ouest-France, 2011 Olivier Guérin, Michel Lefèvre, Héraldique et blasons, J-P Gisserot, 2012

  • Durée de l’activité : 1 heure et plus

  • Activité : Compétences visées : Compréhension de l’oral et de l’écrit. Production écrite et orale

  • Objectifs : Consolider la question ouverte : « Qu’est-ce que c’est ? /C’est » ; réactiver le lexique des couleurs ; exploiter quelques éléments de phonétique (inciter les germanophones et anglophones à prononcer distinctement le « ou » de « couronne », par exemple) ; insister sur le masculin et le féminin (exemple d’un mot terminé par « ée » : épée) ; introduction de qui pronom interrogatif (séquence 4) ; réactivation de « et », « aussi »

    Matériel nécessaire : - fiches téléchargées 1,2, 3, 4 et 0. - un ou deux fascicules sur l’héraldique, riches en illustrations, que l’on fait circuler parmi les apprenants (facultatif). - une boîte de feutres ou de crayons de couleurs


DÉMARCHE MÉTHODOLOGIQUE

« Penser, c’est penser par signes »

Wittgenstein, Questions de philosophie

Cette activité se distingue dans un premier temps davantage par le support que par le contenu lexical ou morphologique ou syntaxique. La dimension esthétique du blason exerce un attrait certain sur les apprenants. Bon nombre d’entre eux ont déjà été en contact avec les images héraldiques, ils sont donc en terrain – partiellement - connu. Il est saisissant de constater à quel point les apprenants se prennent au jeu.
La dimension ludique et esthétique  - un côté « arts plastiques »- permet une approche originale.
Par ailleurs l’héraldique constitue un héritage culturel commun à toute l’Europe. Rappelons au passage que l’héraldique n’a jamais été l’apanage de la seule noblesse. Elle ne relève pas non plus  fatalement d’une crispation régionaliste, nationaliste ou réactionnaire.
Quant à la dimension « artistique » de cette activité, à l’heure où l’on ne parle que de créativité, elle s’inscrit dans ce que la culture contemporaine a de meilleur.
Enfin, l’héraldique permet de révéler ou d’affirmer une identité (nationale, régionale, familiale…) de façon ludique et ouverte sur le monde. Par ailleurs, des élèves plus réservés pourront trouver une occasion de s’exprimer par le biais du dessin et de se sentir valorisés.


Séquence 1:

15 minutes


L’enseignant travaille avec la fiche 1, et désigne les images les unes après les autres, en notant le vocabulaire au tableau. Il pose la question « qu’est-ce que c’est ? » en désignant les objets de la fiche présentée (étoile, épée, couronne, lion, pont, arbre, hache, licorne, aigle, croix, tour, poisson, clé, fleur de lys, serpent, lune, étoiles, bateau, fer à cheval, ancre, coq, arc et flèche, épée, coquillage, vache…). C'est l'occasion d'insister sur la phonétique, en fonction de l'aisance ou des difficultés des étudiants. Les étudiants répondent. L’enseignant note le vocabulaire au tableau.

De nombreux objets héraldiques n’étant que la représentation  stylisée de ceux de la réalité (y compris les animaux), l’assimilation et le réinvestissement futur du vocabulaire ne posera aucun problème.

Suite à ce travail lexical, afin d’aider à la compréhension, le professeur peut inscrire au tableau une phrase très brève qui présente l’héraldique. Exemple possible pour des A0+ : Au Moyen-Âge, les familles et les villes ont un blason. Pour des A1 : Chaque ville et chaque famille…On enrichira la présentation en fonction du niveau de la classe. Dans un même temps, le professeur présentera des exemples de blasons tirés d’un des fascicules suggérés pour une exploitation du vocabulaire introduit en début de séance. Il peut aussi afficher au tableau en guise d'exemple le blason de la ville de Nice (fiche 0).

 


Séquence 2:

10 à 15 minutes


L’enseignant donne dans un premier temps à chaque apprenant un exemplaire de la fiche1, qui comporte en son centre un blason vierge miniature afin qu’ils s’exercent et choisissent leurs figures et motifs de prédilection. Pouvoir faire circuler parmi les apprenants au moins un des deux documents indiqués dans « références » apporte un plus et permet aux apprenants un plus grand choix. On peut aussi, à titre facultatif, afficher au tableau un exemplaire de la fiche 2 (pièces honorables) pour plus de diversité.

Cette séquence permet un échange oral avec le professeur : les étudiants justifient leur choix avant de passer à la réalisation de leur blason. Exemple : Pourquoi l'arc ? Pour la précision.

Variante : le professeur peut initier les étudiants à la règle d'alternance des couleurs propre à l'héraldique (et observée à ce jour sur la grande majorité des drapeaux du monde entier ainsi que sur les panneaux de signalisation) : si le fond est jaune ou blanc, les objets représentés doivent être bleus, rouges, noirs, verts, orange ou violets, et vice versa. On peut demander aux étudiants de respecter cette règle lors de l'élaboration du blason.


Séquence 3:

Durée : 15 à 20 minutes


Les apprenants réalisent le blason proprement dit (à partir de la fiche 3 que le professeur aura distribuée à chacun) pour lequel ils devront choisir un titre.

Puis le professeur demande à chaque étudiant de décrire le blason d'un autre étudiant. Cette activité permet un travail sur la syntaxe et l'enrichissement du vocabulaire. C’est l’occasion d’introduire ou de réactiver quelques adjectifs qualificatifs ou de nouveaux substantifs dans le cas, toujours possible, où certains étudiants auraient dessiné un objet de leur invention (un arc-en-ciel, par exemple) et de présenter une approche de la place de l’adjectif qualificatif par rapport au nom.

On réactive la structure « Qu'est-ce qu'il y a ? =>Il y a » en décrivant le blason. Par exemple : Il y a un bateau noir et un coquillage rouge. Il y a aussi une bande rouge. Et sur le blason de..., est-ce qu'il y a...=>Oui, il y a aussi...

 


Séquence 4:

Durée : 10 minutes


La classe va organiser un concours ou chacun va voter en faveur de son blason favori. L’enseignant désigne un présentateur qui va montrer chaque blason à l’ensemble de la classe, puis demander qui souhaite voter en faveur du blason en question.


Objectif : utiliser la structure « C’est le blason de… », « Qui vote pour… »  Le vote se fait à main levée. On peut voter pour son propre blason; le présentateur vote lui aussi. L’enseignant peut intervenir afin de départager, s’il le souhaite, un vote ex aequo.


Suggestion : on peut songer à accorder un prix de l’originalité.


Variante pour des A2 :



Séquence 5:

Le choix d'une devise
Durée : 10 à 15 minutes


Lorsque le travail touche à sa fin, le professeur explique ce qu'est une devise. Les étudiants vont alors proposer chacun la leur.  Le choix est vaste. Ce peut être le moment pour réviser l'impératif (« Fais ce que tu dois. »). Il est également possible d'opter pour une phrase nominale.

Exemple de phrase type permettant d'aborder l'esprit d'une devise : Au Moyen-âge, chaque famille, chaque corps de métier ou chaque ville pouvait avoir un blason qui la représente. Souvent, le blason s'accompagnait d'une devise, brève phrase censé impressionner.

Le professeur peut donner quelques exemples : la devise de la France (« Liberté, égalité, fraternité »), ou bien celle de l'Angleterre (« Dieu et mon droit ») et d’autres exemples :

« Nul ne m'atteint » , « Prudence et fidélité », « Fais ce que tu dois ».
Les étudiants élaborent alors leurs devises (qu’ils insèrent dans le phylactère, fiche 4), en lien avec leur ville, leur pays, leur famille ou ce qui leur semblera parlant.


Exemple de création de devises  formulées par des étudiants :

« Courage et force à l'eau de la liberté »
« Toujours fier. Jamais capituler. »
« Mes racines dans l'eau, mon futur dans le ciel. »
« Aies la force ! »
« Je vais au rêve. »
« Tout pour ma famille. »
« Venise seule! »

 


A titre indicatif, pour les curieux :

Pierre Derveaux, Blasons et armoiries, témoins de notre histoire, Cabedita, 2001
Michel Pastoureau, Figures de l’héraldique, Découvertes Gallimard, Gallimard, 1996

Michel Pastoureau, Bleu, histoire d’une couleur, Seuil, 2000
Michel Pastoureau, Le petit livre des couleurs, Dominique Simmonet , Seuil, 2007


=> Le dernier ouvrage cité , simple, clair et très facile d’accès, peut servir de piste pour une activité sur les couleurs.



© Olivier DALMASSO – Centre International d'Antibes


 

L'édito du mois

Édito Juin 2016

Pour notre dernier édito, avant la saison estivale durant laquelle nous interrompons la parution de notre magazine Français-et-vous, il nous a semblé nécessaire de faire le point sur ce printemps fort trouble, tant sur le plan météorologique que politique et social… Mais l’été arrive et son cortège d’événements culturels et artistiques pour nous distraire de cette morosité ambiante !


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