Fiche FLE

L’Abbé Pierre, homme d’exception : son action (suite de la fiche proposée en janvier 2014)

En travaillant sur des supports médiatiques variés et en utilisant les quatre compétences, on intéressera progressivement les apprenants à l’une des figures prédominantes de l’action caritative de l’Hexagone au XXème siècle.

Faire des hypothèses sur un extrait de film à partir de la bande son ; s’intéresser à une personnalité française à travers un extrait du film biopic retraçant son action caritative et l’écoute d’un témoignage de journaliste de son ép

 

FICHE PEDAGOGIQUE : L’Abbé Pierre, homme d’exception : son action
(suite de la fiche proposée en janvier 2014)

 


a
  • Type de support :1) Audiovisuel : extrait du début du film Hiver54, l’Abbé Pierre de Denis Amar, 1989
    2) Documents sonores (et leur transcription) sur l’appel de l’Abbé Pierre le 1er février 1954 : témoignage d’un journaliste de l’époque et l’appel, enregistré par l’Abbé Pierre.

  • Niveau européen : Du A2.2 au B2
  • Source du document : document 1) (intégralité du film disponible) et 2) tirés de youtube

  • Activité : Les quatre compétences, la grammaire, les registres de langue et la civilisation sont travaillés autour de la thématique de l’action caritative et à travers celle d’une des personnalités françaises du XXème siècle engagée dans la lutte contre l’exclusion sociale que la classe découvrira par différents supports médiatiques.

  • Objectifs : Faire des hypothèses sur un extrait de film à partir de la bande son ; s’intéresser à une personnalité française à travers un extrait du film biopic retraçant son action caritative et l’écoute d’un témoignage de journaliste de son époque ainsi que l’appel lancé en février 1954 sur les ondes françaises ; débattre et travailler l’argumentation et le vocabulaire des registres de langue ; parler des causes pour lesquelles on pourrait s’engager dans une action.


DÉMARCHE MÉTHODOLOGIQUE

En travaillant sur des supports médiatiques variés et en utilisant les quatre compétences, on intéressera progressivement les apprenants à l’une des figures prédominantes de l’action caritative de l’Hexagone au XXème siècle.

 


Séquence 1:

Travail sur le lexique
Durée de 30 à 45 minutes


L’enseignant pourra proposer un travail lexical sur les problèmes de logement (comment désigne-t-on en langue française les personnes sans domicile  (les sans-logis, les S.D.F, être démuni, défavorisé), la précarité et les types d’organismes et de logements sociaux existant en France (les H.LM., les associations tels que les Restos du Cœur, Emmaüs – voir les éditos du Français et vous de décembre 2013 sur l’Abbé Pierre et Emmaüs et de janvier 2014 sur Coluche et ses Restos du Cœur).

 

Séquence 2:

CO, CC, PO et EO du A2.2 au B2
Durée : environ 45 minutes
Document 1


A - L’extrait du début du film de Denis Amar Hiver 54, l’Abbé Pierre, 1989, d’une durée de 9 minutes, pourra être en premier lieu proposé à la classe sans l’image afin que les étudiants fassent des hypothèses sur le genre du film, l’époque à laquelle il se situe et le thème.

En effet, pendant les huit premières minutes, la bande-son donne des indications (accordéon : instrument très présent dans le répertoire de musique traditionnelle française et mélodie plutôt lente et d’une tristesse relative) ainsi que le bruitage (en extérieur puis intérieur, bruits de verre brisé remué, moteur démarrant et klaxon assez anciens, vent froid puis bruit de liquide versé et de vaisselle).
Dans les dialogues, on peut entendre les mentions de « Père » (Bonjour mon Père, t’as vu le Père, merci Père), de « l’Abbé député », et on entend une prière qui est récitée. On peut identifier une dispute et les répliques (c’est pas notre territoire, ça répare et ça revend,  on n’a que la rue) et la notion de « décharge, poubelles, salaire, tracts ». On peut aussi repérer un registre familier (une emmerde, planquer quelque chose, prendre la tangente, la chine et chiner).

A la huitième minute, on comprend que la scène se déroule dans un contexte officiel et politique : « puisque nous en sommes au budget de la reconstruction et du logement, Monsieur le ministre, nous nous devons d’évoquer la question des sans-logis… construction des H.L.M ».

 De par le travail en amont de la séquence 1, la classe devrait faire le lien avec la personnalité française et l’époque mis en scène dans ce film.

B – L’extrait pourra ensuite être visionné afin de mieux définir en PO, les Compagnons d’Emmaüs et leurs activités, les problèmes auxquels ils étaient tout d’abord confrontés en contexte urbain, leur premier centre Emmaüs et l’Abbé Pierre (joué dans le film par l’acteur Lambert Wilson), leur relation avec ce dernier et comment il est présenté dans le début de ce film.

C - Une discussion pourra être lancée sur l’action caritative contemporaine dans les pays représentés au sein de la classe, les actions personnelles ou la participation à un événement caritatif. L’enseignant pourra inviter les étudiants à voir le film (version intégrale disponible sur youtube) et leur conseiller de lire les éditos du Français et vous des mois de décembre 2013 et janvier 2014 (respectivement sur l’Abbé Pierre et Emmaüs et Coluche et ses Restos du Cœur), voire choisir de travailler un de ces supports en classe.

 


 

Séquence 3:

CO, CC, PO voire CE et grammaire du B1 au B2 à travers la transcription
Durée : environ 45 minutes
Document 2


Activité 1 : Travail sur le témoignage du journaliste impliqué dans l’appel de l’Abbé Pierre : analyser dans le document, la portée et le fondement des différents arguments mentionnés (administratifs et humanitaires) et en débattre (urgence sociale, respect des procédures et ses limites).

Activité 2 : En CE, avec un possible recours à la transcription, recherche du registre familier et les expressions idiomatiques (se foutre du monde, un gosse, un type, rester baba, bondir dans sa voiture, comme une trombe, arriver en bombe) et travail sur les synonymes possibles, en jouant sur les registres et les nuances, notamment avec et de façon non exhaustive :

se moquer de, se ficher de, prendre pour un bleu, se payer la tête de, charrier

un enfant, un gamin, un mioche, un titi, un mouflet

un gars, un gaillard, un bougre, un lascar, un luron, un mec, un individu
rester interdit, bouche bée, ébahi, médusé, interloqué, abasourdi, sidéré, estomaqué, soufflé, époustouflé, scié, ahuri, étourdi, pétrifié, éberlué, épaté, ébaubi

sauter, grimper, plonger, s’élancer, se jeter, courir, se dépêcher, se hâter, speeder

Activité 3 : L’appel de l’Abbé Pierre sera écouté afin d’y relever les problématiques et d’en discuter. La transcription pourra être donnée pour un travail en B2 sur le subjonctif et ses valeurs.


 

 

Approfondissement possible :



Séquence 4:

PE en B2
Durée : 45 à 60  minutes
Ou EO en B1 et B2, d’une durée variable selon le nombre d’étudiants


Y a-t-il une chose ou une cause pour laquelle vous seriez prêt à vous engager ? Décrivez-la ainsi que les raisons pour lesquelles elle vous touche. Que feriez-vous pour y apporter des solutions, vers qui vous tourneriez-vous, qui solliciteriez-vous dans votre action et pourquoi ?

 

 


Appel de l’abbé Pierre du 1er février 1954

Transcription du document sonore de 4 minutes disponible sur youtube en cliquant sur le titre ci-dessus :

J’ai gribouillé dix phrases, Jean Luc Lapratte a appelé au téléphone le directeur du journal parlé et le gars nous a dit « vous vous foutez du monde, 5 minutes avant le journal parlé, vous me demandez de lancer un appel d’initiative privée mais ya des règles administratives mais ça dépend pas de moi de lancer un appel ». Et alors, c’est Georges Giaffra qui a sauvé la situation, il a pris l’appareil et lui a dit : «  Ecoutez Monsieur, demain matin, ça dépend de vous, peut-être que quand vous serez bien au chaud avec votre femme et vos gosses et que vous ouvrirez le journal et que vous lirez en prenant votre café que on a encore ramassé des hommes, des femmes ou des bébés morts de froid dans les rues de Paris parce que nous vous avons demandé ça et que vous l’aurez refusé pour des raisons de procédures administratives, vous serez obligé de vous dire : c’est ma faute » et le type est resté baba, quelques secondes et puis avec beaucoup de courage il a dit : « Ecoutez, vous avez raison, dictez-moi votre texte » et je l’ai dicté par téléphone et il l’a lui-même lu à la radio et immédiatement après, je bondis dans la voiture et comme une trombe, je traverse Paris pour aller Rue François 1er pour aller aux studios de Radio Luxembourg, j’arrive en bombe et je leur dis : « Voilà, la radio française vient de passer ce papier, si vous voulez pas en retard, il est temps de me donner le micro » et ils m’ont donné le micro et alors là, c’est moi qui l’ai dit.

Il n’existe aucune version sonore authentique de l’appel, celui-ci a donc été enregistré par l’Abbé Pierre le 4 octobre 1993


Février 1954, 1 heure du matin sur Radio Luxembourg


Mes amis, au secours...


Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée...


Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !


Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE
DEPANNAGE, ces simples mots :


« TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS,
ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »


La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.


Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !


Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :
• 5000 couvertures,
• 300 grandes tentes américaines,
• 200 poêles catalytiques


Déposez les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.


Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur
les quais de Paris.
Merci !

Isa -
Didier - J'ai amené toutes mes affaires. J'en ai marre de ne pas dormir avec toi tous les jours, alors voilà : je M'INSTALLE !
Isa -
D - Ben! Chez toi !
I -
D - C'est pas grave va vite te coucher. Je rentre tout ça et je te rejoins. Je débarrasserai demain.
I -
D - J'ai été égoïste... j'aimais trop ma liberté. Je ne t'ai jamais proposé le mariage ni de vivre avec toi, mais ce soir j'ai réfléchi. Je me suis rendu compte que je t'aime vraiment et je ne peux pas me passer de toi... Je fais le grand saut !
I -
D- Comment ça, ça ne va pas la tête ?
I -
D- Comment ça, t'as pas envie ?
I -
D - Tu m'aimes plus...
I -
D - Tu veux qu' ON SE MARIE !
I -
D- Mais de quoi t'as pas envie ?
I -
D - Tu n'aimes pas mes amis. Si tu m'aimais, tu aimerais aussi mes amis...
I -
D - Ce que tu peux être EGOÏSTE tout de même!
I


EXPLICATIONS DE CETTE SCENE DU FILM LA CRISE (1992)

Le film de Coline Serreau qui fut la réalisatrice de Trois hommes et un couffin (1986), suit Victor (Vincent Lindon) qui le même jour apprend qu’il a été licencié et que sa femme l’a quitté. Sous le choc, il essaie de trouver une oreille attentive pour se confier. Le film est une succession de rencontres avec amis, ou proches de Victor mais chacun est accaparé par ses propres problèmes ou difficultés et personne n’est disposé à l’écouter. Personne sauf Michel le SDF (Patrick Timsit qui apparaît à la fin de la séquence) qui le suit partout et partage avec lui quelques bières.


Isa (Zabou Breitman) est la sœur à qui Victor (suivi par Michel) rend visite. Il essaie aussi de trouver du réconfort auprès d’elle mais on réalise rapidement qu’Isa a également quelques soucis lorsqu’apparaît Didier (Didier Flamand). En écoutant les raisons qui poussent sa sœur à ne pas accepter de vivre avec Didier, Victor saisit pourquoi sa femme l’a quitté.
Avec l’ensemble de ces scènes-sketchs de La Crise, Coline Serreau démontre une capacité surprenante à saisir l’air du temps, les préoccupations, les motivations, les valeurs qui expliquent nombre de comportements en cette fin de XXème siècle.


LA DEMANDE EN MARIAGE

Isa - Qu'est-ce que tu fais là ?
Didier - J'ai amené toutes mes affaires. J'en ai marre de ne pas dormir avec toi tous les jours, alors voilà : je M'INSTALLE !
Isa - Tu t'installes où ?
D - Ben! Chez toi !
I - Mais enfin Didier, il est 3h du matin !
D - C'est pas grave va vite te coucher. Je rentre tout ça et je te rejoins. Je débarrasserai demain.
I - Mais qu'est-ce qui te prend ?
D - J'ai été égoïste... j'aimais trop ma liberté. Je ne t'ai jamais proposé le mariage ni de vivre avec toi, mais ce soir j'ai réfléchi. Je me suis rendu compte que je t'aime vraiment et je ne peux pas me passer de toi... Je fais le grand saut !
I - Comment LE GRAND SAUT ? QUEL GRAND SAUT ? Ca ne va pas la tête ?
D- Comment ça, ça ne va pas la tête ?
I - Mais j'ai pas envie que tu viennes habiter chez moi, moi !
D- Comment ça t'as pas envie ?
I - Mais non j'ai pas envie... J'ai pas tellement la place d'abord.
D - Tu m'aimes plus...
I - Mais si je t'aime, énormément même mais c'est pas pour ça que ...
D - Tu veux qu' ON SE MARIE !
I - Mais non j'ai pas envie du tout !
D- Mais de quoi t'as pas envie ?
I - De tout, de rien... je ne sais pas moi... T'as toujours faim quand je fais un régime... Tu te rases pendant des heures et tu nettoies pas le lavabo... J'ai pas la place pour une grosse machine à laver... Ton copain Stéphane, je le trouve lourd, lourd, je ne veux pas qu'il vienne chez moi regarder le foot en bouffant toutes mes cacahouètes... Ben voilà, plein de trucs...
D - Tu n'aimes pas mes amis. Si tu m'aimais, tu aimerais aussi mes amis...
I - Et bien tu vois ! Je t'aime mais Stéphane il me reste en travers du gosier.
En plus je viens juste de me faire construire une nouvelle bibliothèque je peux enfin caser toutes mes affaires...
D - Ce que tu peux être EGOÏSTE tout de même!
I - Non mais tu te crois où là ?


Isa - Le problème est que je ne veux pas d’un mec étiaffé sur le canapé et qui baille en me disant : « Qu’est-ce qu’il y a à bouffer ce soir ? »
Je veux pas qu’on me dise : «  Tiens, toi qui repasse si bien les chemises … ! »
Je ne veux pas acheter la nouvelle BMW qui est fabuleuse et on paiera les traites ensemble…
Je ne veux pas que ta mère me téléphone pour savoir si je t’ai bien donné les cachets contre la grippe…
Je ne veux pas de tes chaussettes sales dans mon panier à linge…
Je ne veux pas nettoyer la cuisine pendant 3 heures le jour où tu auras décidé de faire une paella pour tes collègues du bureau…
Je ne veux pas te demander si tu es d’accord pour regarder le film au lieu du sport JE NE VEUX PAS ! JE NE VEUX PAS !


TA VIE C’EST TA VIE, MA VIE C’EST MA VIE !
* * * * *


d. un objet important


Une lettre Un vieux vélo
Une boîte Un sac

Les élèves doivent choisir un élément qui va avoir une influence plus ou moins grande sur le déroulement de l'histoire.


e. un événement


Une rencontreUne disparition
Un départUn retour

Il s'agit, ici, d'un fait qui va jouer un rôle plus ou moins important dans l'histoire qui va être élaborée.


f. l'époque


1420 1921
20122058

Toute histoire doit être située dans le temps. Ici, quatre époques sont proposées aux étudiants. A eux de se déterminer.


g. un animal


Un oiseau Un singe
Une souris Un chien

Les élèves choisissent un animal qui va intervenir à un moment de l'histoire. Son apparition peut être extrêmement brève ou régulière. Son rôle plus ou moins important.


h. le (ou les) mot(s) le(s) plus approprié(s) pour caractériser cette histoire


amitié amour
solidarité vengeance

Il s'agit de donner une tonalité générale à l'histoire à travers l'un de ces quatre mots.


Le groupe des verbes


Sonner


Se lamenter


Verser


Fleurir


Reprendre


S’offenser

Le groupe des substantifs


Larme


Roses


Personne


Armes


Cœur


Alarme

Mots obligatoires


Sang                                            Il était une fois                                                    Tant pis                             

Enfants                                                   Mélancolie                                      Bois                                      Haine

Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie

Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

Alain SOUCHON – Parachute doré - 2008


Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé, sur le bateau
Adieu les traders, adieu joggings
Les briefings à l'heure Breitling
Ouvriers, riez, adieu les blouses grises
En Chine, l'usine, on délocalise
Les cours ont dégringolé
Les banques ont pu rigoler
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut ! doré
Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
Adieu, Château Petrus
En costard Lanvin
Adieu les jolies putes russes
Dans les Mystère 20
Balancez les fraiseuses, les machines-outils
Riez, ouvriers, joli gâchis !
J'ai creusé, creusé, j'ai creusé la dette
Au lieu de me creuser la tête
Un jour, les cours ont chuté
Et moi… parachuté
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut ! doré
Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
Adieu téléphone, adieu le bureau
Secrétaire aux hauts talons hauts
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé, sur le bateau
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut !


© Kathy Lauer – Centre International d'Antibes