FICHE PEDAGOGIQUE : Les super-héros et L’Abbé Pierre, homme d’exception

 


a
  • Type de support :Script de l’interview témoignage d’une infirmière sur sa rencontre avec l’Abbé Pierre et sur l’hiver 1954
  • Niveau européen : Du A2 au B2
  • Source du document : Interview locutrice native réalisée en décembre 2013

  • Activité : CC, CE, PE, PO et Grammaire sont travaillées autour de la thématique de l’action héroïque et à travers celle d’une des personnalités françaises du XXème siècle engagée dans la lutte contre l’exclusion sociale que la classe découvrira par le biais d’un témoignage.

  • Objectifs : Evoquer un personnage, une personnalité que l’on considère comme remarquable par son action ; justifier son choix et convaincre; travailler les temps du passé en s’intéressant à un témoignage d’une ancienne infirmière française qui se souvient de sa rencontre avec l’une des personnalités françaises majeures ayant marqué notre époque.


DÉMARCHE MÉTHODOLOGIQUE

En sollicitant l’apprenant sur la notion de super-héros et celui qui le touche le plus, l’enseignant amènera la classe à s’intéresser à une des figures prédominantes de l’action caritative de l’Hexagone au XXème siècle, époque durant laquelle l’urgence sociale (malheureusement toujours d’actualité dans bien des cas de par le monde) fut à son paroxysme.

 


Séquence 1:

Le super héros
PO et PE pour amener les étudiants vers le document 1
Durée: environ 45 minutes, voire plus si B2


A – Dans un premier travail d’approche orale et lexicale, le professeur demandera une définition du concept de héros et notera au tableau le vocabulaire qui pourra être utilisé ultérieurement lors du travail de PE. Chacun pourra ensuite évoquer son super-héros de fiction ou de l’Histoire en le notant au tableau (ou en le dessinant afin de le faire deviner à la classe). On regroupera ceux qui auront proposé le même nom, ou le même profil de personnage. Ils interviendront ensemble lors du deuxième temps de cette séquence.

B – Ainsi, lors de cette phase, chaque groupe justifiera sa sélection en préparant par écrit une description (plus ou moins détaillée selon le niveau CECR) du héros, de ses traits de caractère et de ses actions les plus remarquables afin qu’il puisse remporter le plus de suffrages lors du vote qui se fera en troisième partie. L’enseignant aura soin de corriger les PE en cours d’élaboration veillant à l’utilisation correcte des temps du passé. En B1 et B2, l’enseignant insistera sur le lexique qui devra être suffisamment varié pour éviter les répétitions ou les termes trop généraux et sur une présentation argumentée qui mette en avant les qualités, les capacités et les exploits du personnage afin de préparer au vote à suivre.

C – Chaque groupe de travail présentera alors son super-héros à la classe, avec surtout en B1 (et B2 aussi) la consigne de convaincre la classe de voter pour lui. On procédera  à plusieurs tours de vote, avec éliminations afin d’arriver à un vote final qui permette de décerner le titre de Super super-héros.


 

Séquence 2:

L’interview

CE, CC et Grammaire, voire PO sur le document 1
Durée: de 30 à 40 minutes  


On pourra au préalable, et en introduction à cette deuxième séquence, demander aux étudiants s’ils connaissent des personnalités françaises au profil de super-héros évoqués en séquence 1.

A - Un travail de repérage pourra être demandé aux étudiants répartis en binômes (ou groupes). Ils devront  identifier l’identité, l’activité et les sentiments de la personne interviewée, ainsi que l’époque, les événements, les personnes et les problématiques auxquelles elle se réfère.
Une mise en commun des informations sera ensuite effectuée. 

B – Selon le niveau CECR de sa classe, l’enseignant pourra, dans un deuxième temps, proposer un exercice grammatical de découverte ou d’analyse des temps du passé, de leurs valeurs (l’imparfait dans toutes ses utilisations, l’antériorité du plus-que-parfait clairement marquée et l’utilisation occasionnelle du passé simple) ainsi que les indicateurs de temps mentionnés et l’emploi du participe présent et du gérondif.



Approfondissement possible :


Séquence 3:

A vous de jouer !

PO : Jeux de rôles
Durée : 15 minutes de préparation / 10 minutes  par jeu de rôle


Réaliser l’interview des super-héros proposés au cours de la première séquence. Lors de ces jeux de rôles, diviser l’audience afin qu’une partie relève les erreurs grammaticales, une autre les erreurs lexicales, une autre encore celles de prononciation, le tout dans un esprit de critique constructive que chaque groupe exposera après chaque intervention.

 


Séquence 4:

A la recherche de l’Abbé Pierre

CC et CE, travail de recherche hors classe pour les niveaux B1 et B2


Un récapitulatif des informations proposées par la narratrice (séquence 2) sur l’Abbé Pierre, son action et les événements de l’époque permettra d’inviter  les étudiants à trouver sur Internet des informations complémentaires sur ce personnage, son action, la situation actuelle, d’autres personnalités contemporaines engagées dans la même cause ; à cet effet, voir les éditos du Français et vous des mois de décembre 2013 sur l’Abbé Pierre et Emmaüs et janvier 2014 sur Coluche et ses Restos du Cœur).


Une deuxième fiche pédagogique permettant de travailler, entre autres la CO, sera disponible ultérieurement. La classe y découvrira le début du film de Denis Amar, Hiver 54, l’Abbé Pierre, biopic retraçant son action caritative ainsi que l’écoute d’un témoignage de journaliste de son époque et l’appel lancé sur les ondes de la radio Europe 1 par l’Abbé Pierre.


Document 1:
Script de l’interview  de  Jacqueline, une ex-infirmière qui évoque la rencontre en 1953, de l’Abbé Pierre  avec l’Abbé Pineau (aumônier à la prison de Tours) à la suite de laquelle furent créés les Chiffonniers d’Emmaüs. Au cours de son témoignage, Jacqueline  se réfère également aux évènements de l’hiver 1954 

 


En 1953, il y avait du travail, les gens n’étaient pas malheureux, c’était la sortie de la guerre mais ceux qui venaient de prison, personne ne voulait les employer, beaucoup d’entre eux  buvaient. L’Abbé Pineau s’était intéressé au sort des prisonniers en ce qui concerne leur réinsertion. Il avait organisé des magasins dans lesquels il vendait de l’épicerie, ce qui donnait du travail aux prisonniers  dès qu’ils sortaient de prison. Cette activité avait été connue à Paris comme exemple.

L’Abbé Pierre, qui était alors très malade –il était en phase aigüe de tuberculose, se promenant avec un mouchoir sur la bouche car il faisait des hémoptysies – décida d’aller voir l’Abbé Pineau. A l’époque, j’étais une  infirmière âgée de 28 ans travaillant avec l’Abbé Pineau : j’avais des ampoules à lui donner s’il crachait du sang.  Ce dernier a donc bien expliqué à l’Abbé Pierre ce qu’il faisait, l’importance de proposer du travail pour vivre de ce travail, ce qui plus tard, a donné à l’Abbé Pierre l’idée des Compagnons d’Emmaüs.

Après, il y a eu l’hiver 54, l’Abbé Pierre était à ce moment-là député et siégeait à l’Assemblée Nationale, d’où son coup de gueule à l’Assemblée pour alerter l’opinion publique sur le sort des gens sans logis et sans travail. Il créa donc les Compagnons d’Emmaüs. C’était un homme qui reflétait … il exprimait une souffrance qui lui venait du cœur …  il souffrait de la souffrance des autres.

Hiver 54, j’étais à l’école d’infirmières. Devant la porte, il y avait des grilles qui sortaient du métro et le matin, de nombreux clochards étaient couchés dessus parce qu’elles donnaient de la chaleur et on était obligés de les faire partir.

Les premiers Compagnons étaient du côté de Charenton où l’Abbé Pierre avait un petit logement de rien. Ils récupéraient, réparaient et vendaient, par la suite, ça a fait boule de neige partout. Et après, ils ont pris des logements vides, des immeubles, ils faisaient du squat.
Et puis, il y a eu cette grande dame parisienne, qui avait un hôtel et qui a énormément aidé l’Abbé Pierre après son appel sur Radio Luxembourg. Je suivais l’Abbé Pierre par les événements qu’on entendait à la radio et dans les journaux.

L’Abbé Pineau a rencontré le Pape Jean Paul II quand il est venu à Tours ; c’était un précurseur de ce qu’a fait l’Abbé Pierre.  Je les compare beaucoup tous les deux, on est fier d’avoir rencontré des gens comme ça.


Interview réalisée par Kathy Lauer en décembre 2013

Isa -
Didier - J'ai amené toutes mes affaires. J'en ai marre de ne pas dormir avec toi tous les jours, alors voilà : je M'INSTALLE !
Isa -
D - Ben! Chez toi !
I -
D - C'est pas grave va vite te coucher. Je rentre tout ça et je te rejoins. Je débarrasserai demain.
I -
D - J'ai été égoïste... j'aimais trop ma liberté. Je ne t'ai jamais proposé le mariage ni de vivre avec toi, mais ce soir j'ai réfléchi. Je me suis rendu compte que je t'aime vraiment et je ne peux pas me passer de toi... Je fais le grand saut !
I -
D- Comment ça, ça ne va pas la tête ?
I -
D- Comment ça, t'as pas envie ?
I -
D - Tu m'aimes plus...
I -
D - Tu veux qu' ON SE MARIE !
I -
D- Mais de quoi t'as pas envie ?
I -
D - Tu n'aimes pas mes amis. Si tu m'aimais, tu aimerais aussi mes amis...
I -
D - Ce que tu peux être EGOÏSTE tout de même!
I


EXPLICATIONS DE CETTE SCENE DU FILM LA CRISE (1992)

Le film de Coline Serreau qui fut la réalisatrice de Trois hommes et un couffin (1986), suit Victor (Vincent Lindon) qui le même jour apprend qu’il a été licencié et que sa femme l’a quitté. Sous le choc, il essaie de trouver une oreille attentive pour se confier. Le film est une succession de rencontres avec amis, ou proches de Victor mais chacun est accaparé par ses propres problèmes ou difficultés et personne n’est disposé à l’écouter. Personne sauf Michel le SDF (Patrick Timsit qui apparaît à la fin de la séquence) qui le suit partout et partage avec lui quelques bières.


Isa (Zabou Breitman) est la sœur à qui Victor (suivi par Michel) rend visite. Il essaie aussi de trouver du réconfort auprès d’elle mais on réalise rapidement qu’Isa a également quelques soucis lorsqu’apparaît Didier (Didier Flamand). En écoutant les raisons qui poussent sa sœur à ne pas accepter de vivre avec Didier, Victor saisit pourquoi sa femme l’a quitté.
Avec l’ensemble de ces scènes-sketchs de La Crise, Coline Serreau démontre une capacité surprenante à saisir l’air du temps, les préoccupations, les motivations, les valeurs qui expliquent nombre de comportements en cette fin de XXème siècle.  


LA DEMANDE EN MARIAGE

Isa - Qu'est-ce que tu fais là ?
Didier - J'ai amené toutes mes affaires. J'en ai marre de ne pas dormir avec toi tous les jours, alors voilà : je M'INSTALLE !
Isa - Tu t'installes où ?
D - Ben! Chez toi !
I - Mais enfin Didier, il est 3h du matin !
D - C'est pas grave va vite te coucher. Je rentre tout ça et je te rejoins. Je débarrasserai demain.
I - Mais qu'est-ce qui te prend ?
D - J'ai été égoïste... j'aimais trop ma liberté. Je ne t'ai jamais proposé le mariage ni de vivre avec toi, mais ce soir j'ai réfléchi. Je me suis rendu compte que je t'aime vraiment et je ne peux pas me passer de toi... Je fais le grand saut !
I - Comment LE GRAND SAUT ?  QUEL GRAND SAUT ? Ca ne va pas la tête ?
D- Comment ça, ça ne va pas la tête ?
I - Mais j'ai pas envie que tu viennes habiter chez moi, moi !
D- Comment ça t'as pas envie ?
I - Mais non j'ai pas envie... J'ai pas tellement la place d'abord.
D - Tu m'aimes plus...
I - Mais si je t'aime, énormément même mais c'est pas pour ça que ...
D - Tu veux qu' ON SE MARIE !
I - Mais non j'ai pas envie du tout !
D- Mais de quoi t'as pas envie ?
I - De tout, de rien... je ne sais pas moi... T'as toujours faim quand je fais un régime... Tu te rases pendant des heures et tu nettoies pas le lavabo... J'ai pas la place pour une grosse machine à laver... Ton copain Stéphane, je le trouve lourd, lourd, je ne veux pas qu'il vienne chez moi regarder le foot en bouffant toutes mes cacahouètes... Ben voilà, plein de trucs...
D - Tu n'aimes pas mes amis. Si tu m'aimais, tu aimerais aussi mes amis...
I - Et bien tu vois ! Je t'aime mais Stéphane il me reste en travers du gosier.
En plus je viens juste de me faire construire une nouvelle bibliothèque je peux enfin caser toutes mes affaires...
D - Ce que tu peux être EGOÏSTE tout de même!
I - Non mais tu te crois où là ?


Isa - Le problème est que je ne veux pas d’un mec étiaffé sur le canapé et  qui baille en me disant : « Qu’est-ce qu’il y a à bouffer ce soir ? »
Je veux pas qu’on me dise : «  Tiens, toi qui repasse si bien les chemises … ! »
Je ne veux pas acheter la nouvelle BMW qui est fabuleuse et on paiera les traites ensemble…
Je ne veux pas que ta mère me téléphone pour savoir si je t’ai bien donné les cachets contre la grippe…
Je ne veux pas de tes chaussettes sales dans mon panier à linge…
Je ne veux pas nettoyer la cuisine pendant 3 heures le jour où tu auras décidé de faire une paella pour tes collègues du bureau…
Je ne veux pas te demander si tu es d’accord pour regarder le film au lieu du sport  JE NE VEUX PAS ! JE NE VEUX PAS !


TA VIE C’EST TA VIE, MA VIE C’EST MA VIE !
*  *  *  *  *


d. un objet important


Une lettre Un vieux vélo
Une boîte Un sac

Les élèves doivent choisir un élément qui va avoir une influence plus ou moins grande sur le déroulement de l'histoire.


e. un événement


Une rencontreUne disparition
Un départUn retour

Il s'agit, ici, d'un fait qui va jouer un rôle plus ou moins important dans l'histoire qui va être élaborée.


f. l'époque


1420 1921
20122058

Toute histoire doit être située dans le temps. Ici, quatre époques sont proposées aux étudiants. A eux de se déterminer.


g. un animal


Un oiseau Un singe
Une souris Un chien

Les élèves choisissent un animal qui va intervenir à un moment de l'histoire. Son apparition peut être extrêmement brève ou régulière. Son rôle plus ou moins important.


h. le (ou les) mot(s) le(s) plus approprié(s) pour caractériser cette histoire


amitié amour
solidarité vengeance

Il s'agit de donner une tonalité générale à l'histoire à travers l'un de ces quatre mots.


Le groupe des verbes


Sonner


Se lamenter


Verser


Fleurir


Reprendre


S’offenser

Le groupe des substantifs


Larme


Roses


Personne


Armes


Cœur


Alarme

Mots obligatoires


Sang                                            Il était une fois                                                    Tant pis                             

Enfants                                                   Mélancolie                                      Bois                                      Haine

Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie

Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

Alain SOUCHON – Parachute doré - 2008


Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé, sur le bateau
Adieu les traders, adieu joggings
Les briefings à l'heure Breitling
Ouvriers, riez, adieu les blouses grises
En Chine, l'usine, on délocalise
Les cours ont dégringolé
Les banques ont pu rigoler
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut ! doré
Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
Adieu, Château Petrus
En costard Lanvin
Adieu les jolies putes russes
Dans les Mystère 20
Balancez les fraiseuses, les machines-outils
Riez, ouvriers, joli gâchis !
J'ai creusé, creusé, j'ai creusé la dette
Au lieu de me creuser la tête
Un jour, les cours ont chuté
Et moi… parachuté
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut ! doré
Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
Adieu téléphone, adieu le bureau
Secrétaire aux hauts talons hauts
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé, sur le bateau
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut !


© Kathy Lauer – Centre International d'Antibes


 

L'édito du mois

Édito Juin 2016

Pour notre dernier édito, avant la saison estivale durant laquelle nous interrompons la parution de notre magazine Français-et-vous, il nous a semblé nécessaire de faire le point sur ce printemps fort trouble, tant sur le plan météorologique que politique et social… Mais l’été arrive et son cortège d’événements culturels et artistiques pour nous distraire de cette morosité ambiante !


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