FICHE PEDAGOGIQUE : Chanson française qui « cartonne »

 


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  • Type de support : Chanson française qui « cartonne »
  • Niveau européen : A partir de B1.2
  • Source du document : Chanson Formidable (ceci n'est pas une leçon) de l’album Racine Carrée du chanteur belge Stromae présenté dans le numéro d’octobre 2013 du Français & Vous

  • Durée de l’activité : Plusieurs séquences. Environ 35 mn minimum. Possibilité de déroulement en plusieurs séances.

  • ACTIVITE : Travail, selon l’approche de pédagogie active, de création d’un dialogue façon roman-photo.

    • Objectifs: Chercher l’implication des élèves, éveiller la curiosité – Travailler le vocabulaire et le style familier –Introduire ensuite un tube très récent d’un jeune chanteur francophone très connu – S’intéresser à la thématique de la famille, des rapports amoureux…


DÉMARCHE MÉTHODOLOGIQUE

Nous décidons de procéder à une première approche des paroles de la chanson à travers une activité de production écrite et orale qui se fera en binômes : élaboration d’un dialogue façon roman-photo dont une partie nous est donnée.
Après avoir pris connaissance des phrases et répliques du personnage A, nos élèves devront imaginer celles du personnage B et ainsi élaborer un dialogue qui concerne une affaire amoureuse et tient compte du style familier, jeune, avec lequel les deux hommes s’expriment.

Cette stratégie nous permet de respecter l’un des principes de la pédagogie active que nous préconisons au Centre International d’Antibes et qui peut se résumer ainsi : Au gavage, préférons l’homéopathie c’est-à-dire qu’il est préférable de s’abstenir de distribuer l’ensemble des paroles de la chanson à la classe pour les découvrir à petites doses.

Bien entendu et comme d’habitude, nous nous abstiendrons dans cette première partie, de dire qu’il s’agit de paroles d’une chanson, ce qui, par ailleurs, créera la surprise lorsque, une fois clos le travail de cette activité initiale, il sera temps de passer à la découverte de l’ensemble de la chanson.

 


Séquence 1:

Début du travail d’approche des paroles de la chanson. La classe est divisée en plusieurs binômes ou trios qui constituent autant de sous-groupes de travail.
Durée 10/15 minutes


Le professeur lance l’activité de deux manières :


  • Soit il remet à chaque groupe, une après l’autre, les 9 répliques du personnage A et prend le temps entre chacune d’elles, d’explorer le vocabulaire avec les mini-groupes et l’ensemble de la classe jusqu’à ce qu’elles soient comprises ;
  • Soit il procède, si sa salle de classe est équipée d’un vidéoprojecteur, à un visionnage du document PowerPoint qu’il aura lui-même élaboré et que nous montrons ici.
    Réplique après réplique, l’ensemble des éléments du personnage A sont ainsi projetés.

REMARQUES


  • Les répliques présentées sont données dans un ordre aléatoire. Les élèves les feront intervenir dans l’ordre qu’ils jugent approprié par rapport à leur propre dialogue.
  •  Pour agrémenter le dialogue qu’ils auront à créer, les élèves devront utiliser, à leur guise, les points d’exclamation et d’interrogation ainsi que l’adverbe interrogatif Pourquoi ?

  Il sera à observer immédiatement :


  • Le tutoiement ainsi que les marques stylistiques familières et le vocabulaire familier, jeune (je t’ai pas au lieu de je ne t’ai pas / dans la vie y a ni méchant au lieu de il n’y a / t’es tout rouge au lieu de tu es / T’emballe pas au lieu de ne t’emballe pas / bourré / mec, qui devient un tic de langage / larguer)
  • Ce sont deux hommes qui se parlent (tu te crois beau / Je suis poli…)

 

 

 

Séquence 2 :

Élaboration du dialogue par les binômes.

Durée 30/35 minutes


  • Les élèves structurent leur dialogue en numérotant, par ordre d’intervention, les répliques du personnage A et créent les répliques associées du personnage B
  • Ce travail peut aboutir à une présentation PowerPoint de la part des élèves

L’enseignant se mettra à la disposition des sous-groupes de travail pour leur apporter des précisions, un soutien linguistique et, pendant l’avancée du travail de chacun, s’enquerra  de la cohérence des productions, recadrera si nécessaire.


  • Une fois le travail de création bien entamé, l’enseignant pourra annoncer aux différents binômes, qu’ils peuvent bénéficier d’un double joker, c’est-à-dire, qu’ils peuvent éliminer une des répliques du personnage A et, par conséquent, ne pas avoir à créer une neuvième réplique pour le personnage B



 

Séquence 3 :

Séance de mise en commun.

Durée de 15 à 20 minutes

Activités de CO et PE


A la suite de ce travail, ou peut-être le lendemain, quelques groupes (ou chaque groupe) exposeront à l’ensemble de la classe, le résultat de leur travail.


Ce qui peut être fait en jeu de rôle.
Voici un exemple de production élaboré par un groupe de niveau B2.2



Il est à noter ici, que l’enseignant avait demandé aux étudiants de commencer l’élaboration de leur dialogue par la réplique suivante : Non ! Tu n’es plus célibataire, j’apprends que tu t’es marié !

 


Séquence 4:

Découverte et exploitation de la chanson    

Formidable de Stromae
Durée de 25 à 30 minutes


Le lendemain ou au cours d’une séance ultérieure, l’enseignant fera intervenir l’écoute de la chanson en disant aux élèves qu’ils connaissent déjà une partie des paroles de la chanson qu’ils vont écouter.
On passera ensuite à l’exploitation proprement dite de ce document et à la présentation de son auteur qui est maintenant très connu hors des frontières belges et francophones depuis le succès de sa précédente chanson Alors on danse !


  • Que peut-on dire du personnage de cette chanson ?
  • Comment est-il ?
  • Pourquoi ?
  • Que ressent-il ?
  • Quels sont les thèmes de cette chanson ?
  • Pourquoi ce titre Formidable (ceci n'est pas une leçon) selon vous ?

La classe sera ensuite invitée à regarder le clip de la chanson, tourné en caméra cachée dans les rues de Bruxelles (mais attention aux sous-titres en anglais).

 

Ou encore à regarder Stromae interpréter Formidable (ceci n'est pas une leçon)  au cours  de l'émission Ce soir ou jamais  sur France 2 le vendredi 24 mai 2013 avec un contraste saisissant entre le chanteur qui interprète  sa chanson en faisant semblant d’être ivre, et l’aréopage qui le regarde chanter, constitué de spécialistes et experts en costume cravate (les thèmes de l’émission étaient : « Pour en finir avec les spécificités ; faut-il supprimer le mot "race" ; les différences entre les hommes et les femmes ; introduire l’anglais à l’université ? »

 


Isa -
Didier - J'ai amené toutes mes affaires. J'en ai marre de ne pas dormir avec toi tous les jours, alors voilà : je M'INSTALLE !
Isa -
D - Ben! Chez toi !
I -
D - C'est pas grave va vite te coucher. Je rentre tout ça et je te rejoins. Je débarrasserai demain.
I -
D - J'ai été égoïste... j'aimais trop ma liberté. Je ne t'ai jamais proposé le mariage ni de vivre avec toi, mais ce soir j'ai réfléchi. Je me suis rendu compte que je t'aime vraiment et je ne peux pas me passer de toi... Je fais le grand saut !
I -
D- Comment ça, ça ne va pas la tête ?
I -
D- Comment ça, t'as pas envie ?
I -
D - Tu m'aimes plus...
I -
D - Tu veux qu' ON SE MARIE !
I -
D- Mais de quoi t'as pas envie ?
I -
D - Tu n'aimes pas mes amis. Si tu m'aimais, tu aimerais aussi mes amis...
I -
D - Ce que tu peux être EGOÏSTE tout de même!
I


EXPLICATIONS DE CETTE SCENE DU FILM LA CRISE (1992)

Le film de Coline Serreau qui fut la réalisatrice de Trois hommes et un couffin (1986), suit Victor (Vincent Lindon) qui le même jour apprend qu’il a été licencié et que sa femme l’a quitté. Sous le choc, il essaie de trouver une oreille attentive pour se confier. Le film est une succession de rencontres avec amis, ou proches de Victor mais chacun est accaparé par ses propres problèmes ou difficultés et personne n’est disposé à l’écouter. Personne sauf Michel le SDF (Patrick Timsit qui apparaît à la fin de la séquence) qui le suit partout et partage avec lui quelques bières.


Isa (Zabou Breitman) est la sœur à qui Victor (suivi par Michel) rend visite. Il essaie aussi de trouver du réconfort auprès d’elle mais on réalise rapidement qu’Isa a également quelques soucis lorsqu’apparaît Didier (Didier Flamand). En écoutant les raisons qui poussent sa sœur à ne pas accepter de vivre avec Didier, Victor saisit pourquoi sa femme l’a quitté.
Avec l’ensemble de ces scènes-sketchs de La Crise, Coline Serreau démontre une capacité surprenante à saisir l’air du temps, les préoccupations, les motivations, les valeurs qui expliquent nombre de comportements en cette fin de XXème siècle.  


LA DEMANDE EN MARIAGE

Isa - Qu'est-ce que tu fais là ?
Didier - J'ai amené toutes mes affaires. J'en ai marre de ne pas dormir avec toi tous les jours, alors voilà : je M'INSTALLE !
Isa - Tu t'installes où ?
D - Ben! Chez toi !
I - Mais enfin Didier, il est 3h du matin !
D - C'est pas grave va vite te coucher. Je rentre tout ça et je te rejoins. Je débarrasserai demain.
I - Mais qu'est-ce qui te prend ?
D - J'ai été égoïste... j'aimais trop ma liberté. Je ne t'ai jamais proposé le mariage ni de vivre avec toi, mais ce soir j'ai réfléchi. Je me suis rendu compte que je t'aime vraiment et je ne peux pas me passer de toi... Je fais le grand saut !
I - Comment LE GRAND SAUT ?  QUEL GRAND SAUT ? Ca ne va pas la tête ?
D- Comment ça, ça ne va pas la tête ?
I - Mais j'ai pas envie que tu viennes habiter chez moi, moi !
D- Comment ça t'as pas envie ?
I - Mais non j'ai pas envie... J'ai pas tellement la place d'abord.
D - Tu m'aimes plus...
I - Mais si je t'aime, énormément même mais c'est pas pour ça que ...
D - Tu veux qu' ON SE MARIE !
I - Mais non j'ai pas envie du tout !
D- Mais de quoi t'as pas envie ?
I - De tout, de rien... je ne sais pas moi... T'as toujours faim quand je fais un régime... Tu te rases pendant des heures et tu nettoies pas le lavabo... J'ai pas la place pour une grosse machine à laver... Ton copain Stéphane, je le trouve lourd, lourd, je ne veux pas qu'il vienne chez moi regarder le foot en bouffant toutes mes cacahouètes... Ben voilà, plein de trucs...
D - Tu n'aimes pas mes amis. Si tu m'aimais, tu aimerais aussi mes amis...
I - Et bien tu vois ! Je t'aime mais Stéphane il me reste en travers du gosier.
En plus je viens juste de me faire construire une nouvelle bibliothèque je peux enfin caser toutes mes affaires...
D - Ce que tu peux être EGOÏSTE tout de même!
I - Non mais tu te crois où là ?


Isa - Le problème est que je ne veux pas d’un mec étiaffé sur le canapé et  qui baille en me disant : « Qu’est-ce qu’il y a à bouffer ce soir ? »
Je veux pas qu’on me dise : «  Tiens, toi qui repasse si bien les chemises … ! »
Je ne veux pas acheter la nouvelle BMW qui est fabuleuse et on paiera les traites ensemble…
Je ne veux pas que ta mère me téléphone pour savoir si je t’ai bien donné les cachets contre la grippe…
Je ne veux pas de tes chaussettes sales dans mon panier à linge…
Je ne veux pas nettoyer la cuisine pendant 3 heures le jour où tu auras décidé de faire une paella pour tes collègues du bureau…
Je ne veux pas te demander si tu es d’accord pour regarder le film au lieu du sport  JE NE VEUX PAS ! JE NE VEUX PAS !


TA VIE C’EST TA VIE, MA VIE C’EST MA VIE !
*  *  *  *  *


d. un objet important


Une lettre Un vieux vélo
Une boîte Un sac

Les élèves doivent choisir un élément qui va avoir une influence plus ou moins grande sur le déroulement de l'histoire.


e. un événement


Une rencontreUne disparition
Un départUn retour

Il s'agit, ici, d'un fait qui va jouer un rôle plus ou moins important dans l'histoire qui va être élaborée.


f. l'époque


1420 1921
20122058

Toute histoire doit être située dans le temps. Ici, quatre époques sont proposées aux étudiants. A eux de se déterminer.


g. un animal


Un oiseau Un singe
Une souris Un chien

Les élèves choisissent un animal qui va intervenir à un moment de l'histoire. Son apparition peut être extrêmement brève ou régulière. Son rôle plus ou moins important.


h. le (ou les) mot(s) le(s) plus approprié(s) pour caractériser cette histoire


amitié amour
solidarité vengeance

Il s'agit de donner une tonalité générale à l'histoire à travers l'un de ces quatre mots.


Le groupe des verbes


Sonner


Se lamenter


Verser


Fleurir


Reprendre


S’offenser

Le groupe des substantifs


Larme


Roses


Personne


Armes


Cœur


Alarme

Mots obligatoires


Sang                                            Il était une fois                                                    Tant pis                             

Enfants                                                   Mélancolie                                      Bois                                      Haine

Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie

Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara

Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

Alain SOUCHON – Parachute doré - 2008


Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé, sur le bateau
Adieu les traders, adieu joggings
Les briefings à l'heure Breitling
Ouvriers, riez, adieu les blouses grises
En Chine, l'usine, on délocalise
Les cours ont dégringolé
Les banques ont pu rigoler
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut ! doré
Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
Adieu, Château Petrus
En costard Lanvin
Adieu les jolies putes russes
Dans les Mystère 20
Balancez les fraiseuses, les machines-outils
Riez, ouvriers, joli gâchis !
J'ai creusé, creusé, j'ai creusé la dette
Au lieu de me creuser la tête
Un jour, les cours ont chuté
Et moi… parachuté
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut ! doré
Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
Adieu téléphone, adieu le bureau
Secrétaire aux hauts talons hauts
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé, sur le bateau
La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J'ai le parachute... chut !


© Alexandre Garcia – Centre International d'Antibes


 

L'édito du mois

Édito Juin 2016

Pour notre dernier édito, avant la saison estivale durant laquelle nous interrompons la parution de notre magazine Français-et-vous, il nous a semblé nécessaire de faire le point sur ce printemps fort trouble, tant sur le plan météorologique que politique et social… Mais l’été arrive et son cortège d’événements culturels et artistiques pour nous distraire de cette morosité ambiante !


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