Fiche FLE

Approche du roman Orages de Sonia Ristić, Prix des lycéens allemands 2010

Mettre en contact les élèves avec une œuvre littéraire récente – Travail sur le chapitre 3 : Comparer la physionomie de deux femmes (protagoniste et rivale) - Définir le rapport protagoniste-père à travers le film A bout de souffle de Jean-

Mettre en contact les élèves avec une œuvre littéraire récente– Travail sur le chapitre 3: Comparer la physionomie de deux femmes (protagoniste et rivale) - Définir le rapport protagoniste-père à travers le film A bout de souffle.

 

FICHE PEDAGOGIQUE : Approche du roman Orages de Sonia Ristić, Prix des lycéens allemands 2010


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  • Document :Œuvre littéraire contemporaine présentée comme
    Coup de coeur du mois de mai 2011


  • Niveau européen : A partir de B2 (élèves de lycée)
  • Source du document: Orages, roman de Sonia Ristić, Actes Sud Junior, Arles, 2008, 165 p.
  • Durée de l’activité : Peut se faire en deux heures
  • Activité: Approche d'un roman contemporain, axée sur une pédagogie active
  • Objectifs: Mettre en contact les élèves avec une œuvre littéraire récente – Travail sur le chapitre 3 : Comparer la physionomie de deux femmes (protagoniste et rivale) - Définir le rapport protagoniste-père à travers le film A bout de souffle de Jean-Luc Godard (1960)

  • Note: Attention, cliquez sur les liens en rouge pour ouvrir les documents

DEMARCHE METHODOLOGIQUE

A travers des extraits de texte qui décrivent les deux femmes protagonistes d’un des premiers chapitres, les apprenants découvrent la physionomie de Tamara, personnage principal du roman.
Dans un deuxième temps chacun des étudiants placés en binômes doit décrire à son partenaire, la photo que le professeur lui aura distribuée. Il s’agit d’une seule et même photo où figurent les deux protagonistes du film A bout de souffle.
Grâce aux informations obtenues, ils découvrent la ressemblance entre Tamara et l’actrice préférée du père et peuvent alors expliquer la volonté de Tamara de lui ressembler.

Une deuxième activité permet aux apprenants de connaître mieux le film. Ils regarderont la bande-annonce de A bout de souffle et créeront/rédigeront leur propre synopsis du film. Ces textes seront ensuite confrontés au véritable résumé du film.
Selon le niveau des apprenants une discussion sur le concept de La Nouvelle Vague peut s’ensuivre.

Conformément à une autre recommandation de la pédagogie active, « à doses homéopathiques ». Leur lecture permettra de capitaliser,

progressivement, les informations afin de dégager du sens et faire une proposition quant à l’événement, ici, raconté.


Séquence 1 :

Début du travail d'approche du roman.
Durée 20/35 minutes

 

Le professeur divise la classe en deux groupes et distribue deux photocopies différentes, la première contenant des informations sur Vesna, la rivale, et la deuxième sur Tamara, la protagoniste. Il explique que Tamara, après 4 années d’absence, est à peine arrivée à Belgrade et se retrouve dans l’appartement de son premier grand amour, Alexandre. Celui-ci s’est entre-temps fiancé avec Vesna, une Belgradoise. Chaque personne du groupe A lit attentivement ses extraits du roman de sorte qu’il sait décrire librement son personnage à une personne de l’autre groupe et vice-versa.



Groupe A (Vesna)


  • [Aux fourneaux, une Belgradoise tout aussi typique, ou qui aimerait bien en avoir l’air. Belle, un peu trop maquillée, l’accent un poil trop traînant et affecté. Même après quatre ans, j’ai l’oreille infaillible pour ça. On entend la campagne derrière l’effort. Ma grand-mère disait : « Belgradois de souche », et celle-là, elle n’en est pas.] (p.23)
  • [Elle doit avoir mon âge et le même tablier que portait ma grand-mère, mais passé sur une trop courte jupe en cuir. Les ongles sont très longs et très rouges.](p.23)
  • [J’ai bien compris, sister, ne t’inquiète pas. C’est toi la femme alpha, il n’y a aucun doute. Même si je voulais, je ne ferais pas le poids face à ton décolleté et tes jambes. Sans parler de ton strudel dont le fondant et le soupçon de cannelle sont parfaits.] (p.23/24)

Groupe B (Tamara)


  • [Je planque les miens [ongles], rongés, sous la table.] (p.23)
  • [Alors, elle était comment, la môme [Tamara] ? s’enquiert Dario. Pareille que maintenant, dit Alexandre (…). Petite, maigre, les cheveux courts comme un garçon, pas de nichons, pas de fesses, toujours en train de faire la gueule.] (p.27)
  • [Mon reflet dans le miroir de la salle de bains. Il n’avait pas tort. Je me suis rasé la tête quelques mois plus tôt et je ressemble au choix : à un marine déserteur ou à une rescapée de Dachau. Un corps da gamine prépubère. A onze ans, j’étais sans doute pareille, le poil aux pattes en moins.] (p.28)
  • [Un vrai petit cliché. Les genoux cagneux écorchés, les poches pleines de billes, toujours fourrée avec les garçons. Maussade en prime. Toujours en colère. Ma mère a très vite perdu l’espoir de me faire ressembler à une fille.] (p.28)

Une fois les deux portraits présentés et commentés en classe, les apprenants forment de nouveaux binômes.


Séquence 2 :

Du roman Orages au film A bout de souffle

Durée 20 minutes

 

Le professeur distribue à chaque binôme deux photos différentes. Chaque apprenant décrit alors sa photo à son partenaire, ce qui permet en même temps de réviser le vocabulaire « description d’un/une dessin/image/photo ».

Au moment de la mise en commun, les apprenants constateront que les deux images appartiennent à la même photo. Ils pourront remarquer également que la femme sur la photo ressemble à Tamara, la protagoniste du roman. C’est ici qu’il convient de lire la fin du chapitre du roman Orages pour expliquer cette ressemblance.


  • [Mon père m’appelait « enfant sauvage ». Quand j’ai eu quinze ans, il m’a amenée à la cinémathèque voir À bout de souffle. Je crois que c’était sa manière de me dire qu’il me trouvait belle. Mais à cette époque, il était déjà parti, il avait choisi une autre famille et je lui en voulais à mort. De m’avoir abandonnée dans cette maison de femmes, de ne pas m’avoir prise avec lui. Je lui ai dit que son film était nul. Ce n’était pas vrai. Ça a toujours été mon film préféré. (…) Depuis, j’ai toujours gardé mes cheveux très courts.] (p.27/28).


Séquence 3 :

Pour aller plus loin : A bout de souffle- inventer une histoire.

Durée 40 minutes

 

Le professeur fait visionner deux fois la bande-annonce du film A bout de souffle : Au premier visionnement, les apprenants se laissent gagner par l’atmosphère du film tandis que la voix d’une jeune femme énumère les « ingrédients » de l’œuvre qui sont accompagnés par les scènes correspondantes. Lors du deuxième

visionnement de la bande-annonce, la consigne sera de noter sur une feuille, le plus d’expressions possibles, énoncées par la jeune femme.
Les apprenants devront, par la suite, imaginer le contenu du film à partir des expressions trouvées et notées auparavant. Ensuite, quelques idées seront présentées en classe. Pour finir, le professeur lira à voix haute le véritable résumé du film.
Dans une discussion finale, le groupe peut exprimer son désir de regarder le film ou son désintérêt vis-à-vis d’un film de la Nouvelle Vague.
Si le groupe le souhaite, quelques extraits des films appartenant à la Nouvelle Vague pourront être visionnés et discutés.




1 - Coupez la photo: en deux entre l’homme et la femme.

2 - Voir par exemple. la fiche de travail 1.

3 - A trouver sur youtube sous la voix de A bout de souffle bande-annonce


Si j’ai bien toute ma mémoire



Disait ……….. dans un coin du ciel

J’avais commencé une histoire



Sur une planète nouvelle, toute bleue

Bleue, pour ne pas qu’on la confonde

Je vais aller m’asseoir sur le rebord du monde



Voir ce que les hommes en ont fait.

Soudain toute la ville s’arrête



Il paraît que les fleuves ont grossi

Les enfants s’approchent, s’inquiètent



Et demandent « pourquoi tous ces bruits ? »

Sans doute, ……… et sa barbe blonde

……… qui s’est assis sur le rebord du monde



Et qui pleure de le voir tel qu’il est.

Si j'ai bien toute ma mémoire
Disait Dieu dans un coin du ciel
J'avais commencé une histoire
Sur une planète nouvelle, toute bleue
Bleue, pour ne pas qu'on la confonde
Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde
Voir ce que les hommes en ont fait
J'y avais mis des gens de passage
J'avais mélangé les couleurs
Je leur avais appris le partage
Ils avaient répété par coeur
«Toujours»! tous toujours dans la même ronde
Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde
Voir ce que les hommes en ont fait
Je me souviens d'avoir dit aux hommes
Pour chaque fille une colline de fleurs
Puis j'ai planté des arbres à pommes
Où tout le monde a mordu de bon coeur


Et partout, partout des rivières profondes
Je vais aller m'asseoir sur le rebord du monde
Voir ce que les hommes en ont fait
Soudain toute la ville s'arrête
Il paraît que les fleuves ont grossi
Les enfants s'approchent, s'inquiètent
Et demandent «pourquoi tous ces bruits ?»
Sans doute, Dieu et sa barbe blonde
Dieu qui s'est assis sur le rebord du monde
Et qui pleure de le voir tel qu'il est !
Dieu qui s'est assis sur le rebord du monde
Et qui pleure de le voir tel qu'il est.



Auteur: © Sonja di Luca Professeur de francais (FLE) au Lycée Walther von der Vogelweide Bolzano/Italie